Macky Sall passe son grand oral pour diriger l’ONU
L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a défendu le 22 avril à New York sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies devant les 193 Etats membres. Dernier des quatre prétendants auditionnés, il a plaidé pour une organisation plus réactive, davantage tournée vers la prévention des crises, dans la perspective de la succession d’António Guterres au 1er janvier 2027.
Face à trois concurrents issus d’Amérique latine et tous dotés d’une expérience plus directe du système onusien, il a mis en avant près de quarante années de responsabilités publiques et son expérience des sommets internationaux. Seul Africain en lice, il a aussi insisté sur la nécessité de rétablir la confiance dans le multilatéralisme à un moment où les conflits, la dette, le climat et les rivalités géopolitiques fragilisent l’action collective.
Macky Sall mise sur la réforme et le dialogue pour convaincre
Durant près de trois heures d’échanges avec les délégations et des représentants de la société civile, le candidat sénégalais a développé une ligne centrée sur la diplomatie préventive, la rationalisation des structures internes et un rôle plus efficace de l’ONU dans les efforts de paix. Il a également défendu le multilinguisme, l’égalité de genre et une approche plus équilibrée entre souveraineté des Etats et protection des droits humains, en évitant de prendre des positions trop tranchées sur les crises en cours.
Sa candidature présente toutefois une singularité politique. Elle n’a pas été portée par le Sénégal, mais par le Burundi, et ne bénéficie pas d’un soutien formel de l’Union africaine, alors même que l’UA défend régulièrement une meilleure représentation du continent dans la gouvernance mondiale. Cette absence de consensus africain complique son positionnement, même si le règlement onusien exige seulement l’appui d’un Etat membre. Dans un contexte où l’Afrique réclame aussi une réforme du Conseil de sécurité, notamment sur la représentation permanente du continent, son profil est observé bien au-delà du seul cadre sénégalais.
La suite du processus se jouera surtout au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents, Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France, disposent chacun d’un droit de veto. Les discussions informelles devraient débuter à partir de fin juillet, avant une recommandation puis un vote de l’Assemblée générale attendu à l’automne. Comme lors des précédentes désignations, les auditions publiques améliorent la transparence, mais l’issue dépendra largement des équilibres diplomatiques entre grandes puissances et blocs régionaux, de la CEDEAO à l’Union africaine, dans un climat international marqué par la fragmentation des alliances.