Amnesty International réclame une enquête après l’agression de l’opposant Lovemore Madhuku au Zimbabwe

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Amnesty International réclame une enquête après l’agression de l’opposant Lovemore Madhuku au ZimbabweLovemore Madhuku, opposant politique zimbabwéen © DR
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L’ONG de défense des droits humains a appelé les autorités du Zimbabwe à ouvrir une investigation approfondie après les attaques visant le leader de la National constitutional assembly (NCA), Lovemore Madhuku, ainsi que plusieurs militants de son parti.

Dans un communiqué diffusé par les médias locaux, l’organisation demande une enquête « rapide, impartiale, indépendante et transparente » et la poursuite en justice des responsables présumés. Les faits se sont produits durant le week-end, lorsque des hommes armés ont fait irruption dans les locaux de la NCA à Harare, interrompant une réunion du parti.

Selon Madhuku, des individus masqués, qu’il soupçonne d’être liés aux forces de sécurité, ont agressé les participants en raison de leur opposition au projet d’amendement constitutionnel. Il affirme que des policiers présents sur les lieux n’ont pas réagi. La directrice exécutive d’Amnesty International Zimbabwe, Lucia Masuka, a indiqué que Madhuku, Effort Manono et d’autres militants ont été frappés à coups de matraque sous les yeux d’agents en uniforme.

Atteintes aux libertés fondamentales

Pour Amnesty International, cette agression constitue une violation manifeste du droit à la sécurité, de la liberté d’expression et de la liberté de réunion pacifique. Lucia Masuka estime qu’il s’agit d’un nouvel épisode de répression visant les voix critiques opposées à une réforme constitutionnelle susceptible de prolonger les mandats présidentiels.

Elle appelle le gouvernement à mettre fin aux restrictions croissantes visant la dissidence pacifique, évoquant notamment l’interdiction de rassemblements publics, les arrestations et les intimidations de détracteurs du pouvoir. L’ONG réclame également des garanties d’accès à la justice et à des recours effectifs pour les victimes.

Lire aussi : Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Ces violences interviennent dans un climat politique tendu, marqué par de vives critiques contre un projet d’amendement constitutionnel soutenu par le gouvernement. Le Conseil des ministres a approuvé en février un texte permettant au président Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans, de rester en fonction au-delà de 2028, échéance prévue après deux mandats de cinq ans, et potentiellement jusqu’en 2030.

Parmi les modifications envisagées figurent l’allongement du mandat des parlementaires de cinq à sept ans, l’élection du président par le Parlement et non plus au suffrage universel direct et la possibilité pour le chef de l’État de nommer dix sénateurs supplémentaires, portant l’effectif total de la chambre haute à 90 membres.

Un héritage constitutionnel remis en question

Arrivé au pouvoir en 2017 après la destitution de Robert Mugabe, Mnangagwa a remporté les élections de 2018 puis de 2023, cette dernière ayant été contestée par l’opposition. Or, en 2013, les électeurs zimbabwéens avaient approuvé par référendum une nouvelle Constitution instaurant notamment des limitations strictes des mandats présidentiels, dans un contexte de consolidation du pouvoir par Mugabe, en poste depuis l’indépendance du pays en 1980.

Les organisations de la société civile et les partis d’opposition affirment qu’ils s’opposeront à toute réforme qu’ils jugent contraire aux principes démocratiques et aux libertés fondamentales.

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