Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 20/02/26 à 10:34
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Sacré Ramadan

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Chaque année, on l’attend avec spiritualité, recueillement, bonnes intentions, un genre de nouveau départ. Et chaque année, il arrive avec sa fameuse inflation mystique. Les commerçants pensent qu’il faut élever les prix autant que l’âme !
Les dattes ? En méditation ascendante.

La chebakia ? En pleine ascension spirituelle.

Les viandes et poissons ? Ils ont fait la Omra avant nous.

A voir les tarifs du marché de gros, on se demande si les légumes jeûnent aussi. Ils ont l’air d’avoir perdu tout sens de la retenue.

L’avocat flirte avec les sommets, l’ananas joue dans la cour des produits de luxe, la fraise se prend pour un Pandora. Même la banane locale a décidé qu’elle méritait un upgrade social. Quant à la viande… n’en parlons pas. Le mouton nous regarde avec compassion sarcastique : « Cette année, c’est ton budget ou moi ! »

Sacré Ramadan.

Ce mois où l’on est censé apprendre la sobriété… en remplissant des caddies comme si la fin du monde était programmée pour le troisième jour de jeûne.

On projette la spiritualité, mais on prépare des ftours pour vingt personnes alors qu’on est quatre. On prêche la modération, puis on négocie le prix du kilo tel un trader enflammé !

En fait ce qui est dérangeant, c’est pas la hausse en elle-même, si elle était naturelle ou dépendait d’autres facteurs, ok, au temps pour nous tous. Mais cette hausse sent bon le calcul opportuniste. On oublie le mois sacré et on le remplace par le trimestre fiscal.

Sacré Ramadan.

On jeûne la journée pour purifier l’âme… et le soir on purifie le compte bancaire.

Allez, sans rancune, Ramadan Karim à tous et surtout… courage à votre portefeuille.

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