« Dans le football, il faut y croire » : les Comores entre fierté, lucidité et ambition
Stefano Cusin lors de la conférence d'avant match Maroc-Comores, le samedi 20 décembre 2025 © DR
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A quelques heures du coup d’envoi de la CAN 2025, l’autre voix de cette affiche inaugurale s’est fait entendre au Complexe Moulay Abdellah. Face à une salle attentive, Stefano Cusin, sélectionneur des Comores, s’est présenté devant la presse avec un mélange d’émotion, de respect pour l’adversaire et de conviction profonde. Car pour les Cœlacanthes, ouvrir la compétition face au pays hôte est un moment charnière dans l’histoire du football comorien.
Dès ses premières paroles, le technicien italien insiste sur la portée symbolique de ce rendez-vous. « Nous sommes très fiers de disputer ce match. C’est une occasion exceptionnelle de faire connaître notre pays et notre équipe. C’est une immense émotion et une grande fierté au regard de notre parcours » Pour une sélection qui n’en est qu’à sa deuxième participation à une Coupe d’Afrique des Nations, la scène est immense, presque vertigineuse, mais vécue comme une récompense.
Ce ne sera pas un match à sens unique
Lucide, Cusin ne cherche pas à minimiser l’ampleur du défi. Le Maroc, favori de la compétition, joue à domicile, porté par un public acquis à sa cause. « Le Maroc est la meilleure équipe d’Afrique, l’une des meilleures au monde, et elle joue à domicile. C’est une réalité ». Pour autant, le sélectionneur refuse l’idée d’un match à sens unique. « Il faudra être compact. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de défendre et attendre. Nous cherchons le juste équilibre. Ce serait dommage de nous limiter uniquement au volet défensif ».
Interrogé sur la situation d’Achraf Hakimi, incertain à la veille du match, Cusin adopte un regard à la fois respectueux et détaché. « Je ne le connais pas personnellement, mais je l’apprécie énormément. Il va jouer, j’en suis sûr, car il y tient. Le Maroc reste une équipe extrêmement compétitive, avec ou sans lui, cela ne change rien. Sur le plan humain, j’espère qu’il sera prêt ». Une manière de rappeler que, au-delà des individualités, c’est le collectif marocain qui impressionne.
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La préparation des Comores n’a pourtant pas été de tout repos. Entre contraintes réglementaires et effectif dispersé, le staff a dû composer. « Nous avions la possibilité de commencer les préparatifs le 8 décembre, mais il y a eu une décision de la FIFA. Nous avons donc débuté avec sept ou huit joueurs dans le sud de la France. Nous avons travaillé et disputé un match amical. Globalement, cela s’est bien passé, mais j’aurais aimé disposer de plus de temps ». Un aveu sincère, qui n’occulte pas pour autant le travail accompli dans un contexte contraint.
La question de la pression liée au match d’ouverture revient naturellement. Jouer contre le pays organisateur, dans un stade plein, peut impressionner. Mais Cusin affirme y être préparé. « Je connais la pression. J’ai entraîné Al Ittihad en Libye. Nous nous sommes préparés dans ce sens. J’ai donné des consignes à mes joueurs pour communiquer sans parler. Le public ne marque pas de buts ». Fort de son expérience, il relativise l’impact de l’environnement, rappelant que ses joueurs ont déjà affronté des contextes hostiles. « Nous avons déjà joué la Tunisie à Radès et le Ghana à Accra. Le Maroc n’a qu’un seul objectif : gagner. Nous, nous avons plusieurs possibilités ».
Cette différence d’objectifs nourrit l’état d’esprit comorien. Là où le Maroc joue avec l’obligation du résultat, les Comores avancent avec la liberté de ceux qui n’ont rien à perdre. Et dans le football, cette équation peut parfois renverser les certitudes. « Le pays hôte reste une grande équipe, qui reste sur 18 victoires consécutives. Hier soir, je regardais Portugal–Grèce à l’Euro 2004. Dans le football, il faut y croire. C’est la mentalité qui fait la différence ».
L’objectif, sans excès de discours, est clairement posé. « Nous voulons aller le plus loin possible, bien lire les matchs et profiter de notre bonne forme ». Pas de promesses irréalistes, mais une ambition mesurée, fondée sur la discipline et l’intelligence de jeu.
Aux côtés de son sélectionneur, Youssouf M’Changama incarne cette trajectoire singulière du football comorien. Le milieu de terrain parle avec émotion du chemin parcouru. « Nous sommes vraiment contents d’être ici. C’est une grande fierté de disputer ce match d’ouverture. C’est notre deuxième participation à la CAN. Le Maroc est l’une des meilleures nations africaines. Nous serons présents dans l’instant ». Un message simple, mais lourd de sens.
Le joueur rappelle surtout l’évolution spectaculaire de la sélection. « J’ai commencé en sélection en 2010 sur des terrains en terre battue. Aujourd’hui, nous jouons dans des stades aux normes et nous avons déjà disputé deux CAN. Je fais partie de la première génération de joueurs comoriens. Nous voulons continuer à élever le niveau des Comores ». Plus qu’un match, cette CAN représente une continuité, presque une transmission.
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