Nigeria : la Banque centrale suspend les dividendes des banques non recapitalisées

Temps de lecture :
Nigeria : l’inflation a reculé à 22,22% en juinLa Banque centrale du Nigeria © DR
A A A A A

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a annoncé, dans une note officielle, la suspension temporaire du versement des dividendes et primes des banques n’ayant pas encore satisfait aux exigences de recapitalisation. Cette mesure vise à renforcer leur solidité financière, dans un contexte de transformation structurelle du secteur bancaire.

Cette directive s’inscrit dans la continuité d’une circulaire émise quatre jours plus tôt, intimant aux banques sous tolérance réglementaire de geler non seulement les dividendes, mais aussi les primes aux dirigeants ainsi que tout investissement dans des filiales étrangères ou des structures offshore. L’objectif est clair : maximiser la rétention de capital et renforcer les fonds propres disponibles.

Lire aussi : Nigéria : 6 millions de dollars investis en aquaculture

Un pas vers la solidité financière ou un risque pour la Bourse ?

« Il est essentiel que ces nouveaux capitaux soient prioritairement affectés à l’assainissement des portefeuilles de prêts à risque », a déclaré Adetilewa Adebajo, directeur général de CFG Advisory. Selon lui, la suspension des dividendes et des primes devrait, à terme, accroître la valeur des actions bancaires en renforçant la confiance dans la qualité des actifs.

Cependant, cette décision ne fait pas l’unanimité. L’Association des maisons de courtage du Nigeria (ASHON), par la voix de son président Sam Onukwue, a exprimé des craintes quant à l’impact de cette mesure sur la Bourse nigériane (NGX). Il redoute une baisse de la confiance des investisseurs et une volatilité accrue des titres bancaires. « Une gestion plus discrète aurait permis d’éviter une réaction excessive du marché », a-t-il estimé.

Malgré ces inquiétudes, la CBN se veut rassurante. Elle affirme que la majorité des banques ont déjà atteint, ou sont proches d’atteindre, les seuils de recapitalisation exigés, dont la date butoir est fixée à mars 2026. Fin mai, la SEC avait rapporté que les banques avaient déjà versé près de 1.000 milliards de nairas de dividendes pour l’exercice 2024, sur un total déclaré de 1.100 milliards.

Recommandé pour vous

Sénégal : une nouvelle direction pour maîtriser la dette

Le Sénégal confie la gestion de sa dette à un banquier, Babacar Touré, à la tête d’une nouvelle direction unique, marquant un possible changement de stratégie financière.

Rwanda : le PIB progresse de 10% au 1er trimestre 2026

Le PIB du Rwanda a bondi de 10% au 1er trimestre 2026, soutenu par les services, l’industrie et l’agriculture, selon le NISR. La dette publique reste, quant à elle, contenue.

Énergie, inflation, alimentation : le FMI alerte sur les fragilités africaines

Le FMI alerte sur la vulnérabilité de plusieurs pays africains face au choc énergétique, qui menace les prix, les budgets publics et la sécurité alimentaire.

Kenya : vers un nouveau modèle de financement public

Le Kenya prépare une émission obligataire de 1,13 milliard de dollars pour financer son budget tout en cherchant à réduire sa dépendance à l’endettement public.

Exportations agricoles françaises : l’Afrique subsaharienne devance le Maghreb

L’Afrique subsaharienne devient la première destination africaine des exportations agricoles françaises en 2025, devant l’Afrique du Nord, portée par la Côte d’Ivoire.

Le Rwanda adopte un budget de 5,3 milliards pour 2026-2027

Le Rwanda présente un budget de 5,3 milliards de dollars pour 2026-2027. Priorités, enjeux et contexte régional à découvrir.
pub