Autoentrepreneur: devenir son propre chef ou arrondir ses fins de mois

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

Autoentrepreneur: un statut en attente de réformeImage d'illustration © DR

A
A
A
A
A

En 2018, les auto-entrepreneur ont déclaré un chiffre d’affaires de 416 millions de DH sur lequel ils ont payé près de 8 millions de DH d’impôts. Un peu plus de trois ans après sa mise en place, ce régime destiné, entre autres, à encourager l’entrepreneuriat et à lutter contre le petit informel a attiré plus de 86.000 personnes. Les salariés y trouvent aussi un intérêt pour légalement arrondir les fins de mois ou pour préparer une reconversion. Le dispositif incitatif va s’étoffer au fil des années. Depuis le 1er janvier 2019, certaines évolutions sont entrées en vigueur notamment la baisse du taux de l’impôt sur le revenu à 0,5% pour les activités commerciales, industrielles et artisanales et 1% pour les prestations de service.

Après un peu plus de trois ans d’existence, le régime d’auto entrepreneur a déjà séduit plus de 86.000 personnes. L’objectif de 100.000 auto-entrepreneurà l’horizon 2020 n’est pas irréaliste. Ce statut permet aux demandeurs d’emploi, entre autres, de créer rapidement une activité rémunératrice et de bénéficier de plusieurs avantages. Plus de la moitié des auto-entrepreneursont des jeunes de moins de 35 ans. Les salariés trouvent aussi un intérêt à s’enregistrer comme tel puisque c’est un moyen de développer une activité en parallèle de son job dans la limite d’un chiffre d’affaires annuel de 500.000 DH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales et 200.000 DH pour les prestations de services. Autrement dit, c’est un moyen autorisé d’arrondir les fins de mois. Cela suppose aussi de consacrer du temps, en dehors des heures de travail, pour développer son business. En outre, c’est aussi une façon de préparer sa reconversion.

Un nouveau statut encore plus intéressant

Depuis le 1er janvier, des changements en matière de fiscalité sont intervenus et pourraient améliorer l’attractivité du régime. Le montant minimum de la pénalité en cas de défaut ou de retard dans la déclaration du chiffre d’affaires est ramené de 500 à 100 DH. Surtout, le taux de l’impôt sur le revenu appliqué au chiffre d’affaires baisse de moitié à 0,5% pour les activités commerciales, industrielles et artisanales et à 1% pour les prestations de service. De plus, les micro-entreprises sont hors champ de la TVA, c’est-à-dire que les auto-entrepreneursont dispensés de facturer la TVA sur les prestations de services ou ventes qu’ils réalisent. Par ailleurs, ils sont exonérés de la taxe professionnelle lors des cinq premières années. Toutefois, lorsque les plafonds de chiffre d’affaires sont dépassés pendant deux années consécutives, une déclaration rectificative s’impose et les avantages liés au régime d’auto entrepreneur cessent. À la fin de 2018, les auto-entrepreneuront payé près de 8 millions de DH d’impôts sur un chiffre d’affaires déclaré de 416 millions de DH (soit environ 2%, ce qui reste imbattable).

Des formalités allégées et simples

Simple avec une procédure administrative allégée, le dispositif lève certaines barrières pour la création d’entreprise comme l’existence d’un local. Ainsi, la moitié des personnes inscrites travaillent à domicile. Ce statut peut aussi faciliter l’accès au financement notamment bancaire et à une couverture sociale. Le dossier de demande du statut d’auto entrepreneur doit être déposé auprès du réseau des banques partenaires. Une quarantaine d’activités (médecins, architectes, assureurs, libraires, géomètres, hôteliers, experts comptables, commissaires aux comptes…) ne sont pas éligibles. Pour s’inscrire, rien de plus simple, il suffit de s’inscrire en ligne à l’adresse: https://rn.ae.gov.ma/registration puis d’imprimer son dossier et de le déposer avec sa pièce d’identité dans une banque partenaire. C’est la banque qui s’occupera de créer votre statut d’auto entrepreneur, vous remettra votre carte et procèdera à l’ouverture du compte. Al Barid Bank n’a pas le monopole, il est possible de faire les formalités avec la BMCE, Attijariwafa Bank ou encore la Banque Populaire.

Derrière cette initiative, il y a une volonté d’encourager l’entrepreneuriat, mais aussi de lutter contre le petit informel (le secteur de l’informel pèse 430 milliards de DH de chiffre d’affaires et 2 millions d’emplois) et permettre à ceux qui y exercent de se déclarer.

Le régime d’auto entrepreneur a vocation à contribuer à la baisse du chômage. Celui-ci atteint des niveaux alarmants en milieu urbain, surtout chez les jeunes. Le dispositif sera amélioré au fur et à mesure pour coller réellement aux besoins exprimés.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Transport maritime : Kayouh souligne la nécessité d’une flotte maritime forte et compétitive

Économie - Le ministre du Transport a appelé à une mobilisation public-privé pour développer une flotte maritime nationale compétitive, en ligne avec les orientations royales.

El Mehdi El Azhary - 22 mai 2026
Forum MDM : « la clarté et l’accès à l’information restent clés », alerte d’une MRE d’Islande

Économie - À Tanger, le Forum MDM met en lumière les attentes concrètes des investisseurs de la diaspora.

Ilyasse Rhamir - 22 mai 2026
Contrebande : les cigarettes gagnent-elles du terrain ?

Économie - Les autorités ont saisi plus de 843.000 unités de cigarettes de contrebande en 2025, contre un peu plus de 254.000 l’année précédente.

Rédaction LeBrief - 22 mai 2026
Forum MDM : un tournant pour l’investissement des Marocains du monde ?

Économie - À Tanger, le Forum sur l’investissement des MDM met en avant une nouvelle stratégie visant à orienter les transferts financiers vers des projets productifs.

Ilyasse Rhamir - 22 mai 2026
Drâa-Tafilalet : l’ANEF accélère ses projets pour la biodiversité

Économie - À Drâa-Tafilalet, l’ANEF déploie de nouveaux projets pour la biodiversité, entre faune saharienne, oasis et lutte contre l’ensablement.

Ayoub Jouadi - 22 mai 2026
Le Maroc mise sur le gaming pour faire émerger des licornes

Économie - Le Maroc renforce sa stratégie dans le gaming marocain pour faire émerger des licornes technologiques. Les enjeux à connaître en un coup d’œil.

Ilyasse Rhamir - 21 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire