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L'économie marocaine de l'indépendance à nos jours

Après son indépendance, le Maroc a dû faire face à l’absence d’une industrie de base, à la faiblesse de ses investissements, au chômage et au manque de cadres et de main-d’œuvre qualifiée. Une intervention urgente de l’État était nécessaire pour dynamiser l’économie nationale, préserver l’intérêt général et satisfaire les besoins sociaux du pays. Le Royaume a ainsi mis en place différents programmes s’alignant sur les principes du libéralisme.

Par H.L.B, Publié le 18/11/2020, mis à jour le 18/11/2020
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Évolution économique du Maroc depuis son indépendance

Pour reconstruire son économie après son indépendance, le Maroc a dû adopter plusieurs approches et mettre en place divers programmes pour pallier les différentes lacunes auxquelles il était confronté à l’époque. Le pays, nouvellement libre de son colonisateur, s’était ainsi retrouvé confronté à l’absence d’une industrie de base, à la faiblesse de ses investissements, au chômage et au manque de cadres et de main-d’œuvre qualifiée. L’État a par la suite décidé d’intervenir en adoptant une série de mesures inscrites dans le cadre de plusieurs plans, et ce dès 1958.

 

Les plans successifs du Maroc

De 1958 à 1959, le Royaume a adopté un plan biennal, considéré comme une base assurant la transition vers un autre plan : le plan quinquennal 1960-1964. Ce dernier fixait trois objectifs fondamentaux, à savoir l’industrialisation, le développement du secteur agricole et la formation des cadres. Ce programme traduisait la poursuite des efforts de réaménagement de l’économie marocaine sur la base de deux idées maîtresses : raffermir l’indépendance économique du Maroc et promouvoir son développement ; remettre en mouvement une économie qui a tendance à se maintenir dans une certaine stagnation.

Le plan triennal 1965-1967 a été validé par la suite pour favoriser la croissance du secteur agricole jugé prioritaire (politique des barrages), développer des industries légères exportatrices, développer le tourisme et assurer la formation de davantage de cadres. Ce plan n’a toutefois pas abouti, car il s’est achevé par une dette extérieure lourde et une structure agraire stagnante.

Le pays a mis ensuite en œuvre d’autres plans quinquennaux (1968-1972 et 1973-1977). Celui qui a couvert la période 1973-1977 a été qualifié de «plan de développement économique et social», et avait pour objectif d’accélérer la croissance du Maroc de 7,5% par an et d’accroitre ses investissements de 18% par an. Cependant, les objectifs de ce plan n’ont pas été réalisés, notamment en raison de la chute du prix des phosphates sur le marché mondial, qui a d’ailleurs affecté profondément l’économie nationale.

Le Royaume a poursuivi ses efforts de reconstruction économique, et a ainsi acté le plan triennal 1978-1980. Ce programme cherchait à réduire les importations par l’interdiction de l’importation des produits susceptibles d’être fabriqués localement, à améliorer les équilibres fondamentaux internes et externes, et à poursuivre une politique sociale et d’aménagement du territoire en faveur d’une répartition équitable des bénéfices de la croissance.

Puis, entre 1981 et 1985, c’est un plan quinquennal de relance économique et sociale qui a été adopté par le pays. Parmi ses objectifs, il y avait la consolidation de la défense de l’intégrité territoriale et la relance de l’activité économique, et ce par la mobilisation de l’épargne privée, l’augmentation des investissements, l’amélioration de l’équilibre extérieur en augmentant les exportations, la lutte contre le chômage et la réforme fiscale. Le plan d’orientation 1988-1992 a, quant à lui, dressé les bases de la stratégie de développement en s’articulant autour de la libéralisation de l’économie, le désengagement de l’État et la privatisation.

Avec le lancement de son processus de libéralisation, le Maroc a abandonné la planification de son activité économique entre 1992 et 1996. Mais l’apparition de quelques contraintes socio-économiques a poussé les autorités publiques à élaborer un plan quinquennal 1996-2000. Ce programme qui visait la promotion du secteur privé, le maintien des équilibres fondamentaux, le développement des exportations et le développement du monde rural, n’a toutefois pas vu le jour. Pour cause : l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement d’alternance et la régionalisation.

 

Le Maroc post-libéralisation

Afin de renforcer la libéralisation des échanges extérieurs, d’optimiser l’intégration de l’économie marocaine dans l’économie mondiale et consolider le système commercial multilatéral, le Maroc a adopté depuis les années 80 une politique d’ouverture économique et financière. Pour ce faire, il a simplifié les procédures du commerce extérieur, réduit la protection tarifaire, éliminé les mesures non tarifaires, amélioré le climat des affaires et des investissements et élargit ses relations économiques et commerciales. Cette ouverture s’est d’ailleurs traduite par la signature de différents accords de libre-échange avec les États-Unis, l’Union européenne, la Turquie, les pays membres de la Ligue arabe (dans le cadre de la Grande Zone de Libre-Échange arabe), et les pays arabes méditerranéens dans le cadre de l’ALEPAM (Accord d’Agadir).

De plus, grâce à la mise en place de nouvelles politiques sectorielles basées sur l’avantage comparatif de l’économie marocaine (Plan Émergence Industrielle, Vision 2010 puis 2020 pour le tourisme, Vision 2015 pour l’artisanat, Plan Rawaj pour le commerce, Plan Maroc Vert pour l’agriculture, Plan Halieutis pour la pêche...), le pays a pu assurer une croissance soutenue et durable pendant plusieurs années.

 

Enfin, aujourd’hui, bien que le Maroc, comme le reste du monde, est confronté à une récession en raison de la pandémie du nouveau coronavirus et de ses répercussions, tout porte à croire qu’il remontera éventuellement cette pente. Certes, les séquelles ne seront pas des moindres, mais le Royaume a prouvé de par sa persévérance et sa résilience au fil des années qu’il saura relever ce nouveau défi et protéger les intérêts de ses citoyens.

 

La loi sur la marocanisation
Dans le cadre du plan quinquennal 1973-1977, le Maroc a adopté le système de la marocanisation. Ce système était orienté vers une croissance plus soutenue et une plus grande justice sociale, et ce en instaurant des mesures d’accompagnement telles que la «marocanisation» du commerce et de l’industrie, la récupération des terres étrangères et la refonte du code des investissements. Cette démarche prévoyait aussi, et surtout, la stimulation du développement de l’industrie. Ainsi, l’État a procédé à la marocanisation de Lafarge-Maroc, de la Société marocaine des Etablissements J.J.Carnaud et Forges de Basse Indre et de la CIFM, tout en élargissant la couverture sociale des salariés par le biais de la CDG. Ce système a cependant montré ses limites tant au niveau de l’industrie que de l’agriculture, le foncier étant toujours l’otage de textes et de pratiques hérités du protectorat, auxquels il faudrait ajouter les fermes et les terres reprises par les notables après la marocanisation des années 70. La loi sur la marocanisation, qui limitait la participation des étrangers au capital des sociétés marocaines, était abolie en septembre 1993 pour promouvoir les investissements. Elle a ainsi laissé place à une nouvelle réglementation bancaire et à un nouveau programme de privatisation.

Sources : Le Monde Diplomatique, L'économie marocaine depuis l'indépendance, La Vie Eco, Ambassade du Royaume du Maroc en FranceAujourd'hui le Maroc et La planification au Maroc.

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