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Libye : l’ONU approuve une résolution de cessez-le-feu

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté ce mercredi une résolution appelant à un «cessez-le-feu durable» en Libye, où une trêve fragile est en place depuis janvier. Le texte, rédigé par la Grande-Bretagne, a été approuvé à 14 voix sur 15. Cette mesure vise à mettre fin aux offensives de l’Armée Nationale Libyenne autoproclamée (ANL) qui cherche à détrôner le Gouvernement d’entente national (GEN) de la capitale du pays, Tripoli.

Par H.L.B, Publié le 13/02/2020, mis à jour le 13/02/2020
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Libye : l’ONU approuve une résolution de cessez-le-feu

Après plusieurs mois de débat et de négociations, le Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU) a adopté ce mercredi une résolution appelant à un «cessez-le-feu durable» en Libye. Confronté a des offensives et à des violences au quotidien, le pays souffre d’une escalade de tension entre l’Armée Nationale Libyenne autoproclamée (ANL) dirigée par le général Khalifa Haftar et les forces du Gouvernement d’entente national (GEN), qui est reconnu par les Nations Unies (ONU). Afin de trouver une solution à cette situation, les pays qui ont participé à la Conférence de Berlin sur la Libye le 19 janvier 2020 ont annoncé la création d’une nouvelle "Commission militaire conjointe libyenne". Cette dernière compte cinq officiers supérieurs de l’ANL et cinq autres appartenant au GEN.

Ainsi, avec la participation de cette Commission, le CSNU a approuvé ce mercredi, à 14 voix sur 15 (la Russie s’est abstenue de voter), le texte de loi rédigé par le Royaume-Uni. Selon Asharq Al Awsat, la négociation de cet accord a révélé de profondes divisions internationales sur la Libye, et ce malgré le fait que les dirigeants mondiaux aient accepté de mettre fin à toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays et de maintenir un embargo sur les armes. La nouvelle résolution a affirmé «la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable en Libye dès que possible, sans conditions préalables». De plus, elle a souligné les préoccupations «concernant l’implication croissante de “mercenaires” en Libye». Soupçonnée d’être responsable de l’envoi de mercenaires dans le pays nord-africain, la Russie a tenté lors de cette réunion de faire pression pour remplacer le mot "mercenaire" par "combattants terroristes étrangers", mais sans succès, rapporte Reuters.

Par ailleurs, France24 indique que le nouveau dispositif du CSNU appelle à la poursuite des négociations entre les membres de la "Commission militaire conjointe libyenne" afin de parvenir à un traité de «cessez-le-feu permanent». Cet accord comprendrait un système de surveillance, une séparation des forces et des mesures de renforcement de la confiance. En outre, la résolution onusienne exhorte le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à soumettre des propositions pour la surveillance du cessez-le-feu «dès que les factions libyennes conviennent d’un commun accord». Elle invite également les organisations régionales, «notamment l’Union africaine, la Ligue Arabe et l’Union européenne» à collaborer afin de «soutenir l’ONU» dans sa recherche d’une solution politique et la supervision du cessez-le-feu.

Al Jazeera rappelle qu’un fragile cessez-le-feu a été instauré en Libye le 19 janvier, à l'issue du Sommet international de Berlin. Lors de cette rencontre, les dirigeants mondiaux ont convenu de mettre fin à toute ingérence étrangère en Libye et de maintenir un embargo sur les armes. Toutefois, les affrontements quasi quotidiens se poursuivent près de Tripoli et les armes continuent d’affluer dans le pays. La réunion de la Commission à Genève s’est quant à elle terminée le samedi 8 février sans pour autant aboutir à une résolution durable, mais les Nations unies ont proposé de reprendre les pourparlers à partir du 18 février.

Pour rappel, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita s’est entretenu ce samedi 8 février à Rabat avec Abdelhadi Lahouij, émissaire du président du parlement libyen et allié du Général Khalifa Haftar. Cette rencontre, a affirmé Le360, «constitue un signal fort du retour du royaume dans la recherche d’une solution à ce conflit». Lahouij a profité de cette occasion pour «louer les efforts déployés par le Maroc pour mettre fin à la crise libyenne». Il a invité le royaume «à continuer à jouer son rôle au niveau maghrébin, méditerranéen et africain pour trouver une solution à ce conflit». Puis, lors d’une communication téléphonique entre Bourita et le président du Haut conseil d’État libyen, Khaled Mechri, ce dernier «s’est dit heureux à l’idée que le Maroc puisse accueillir pour la deuxième fois le dialogue libyen». Notons qu’en 2015, sous l’égide de l’ONU, les factions libyennes ont signé un ensemble de traités dans le cadre de l’accord de Skhirat. Cet accord reste, à ce jour, une référence visant à «appréhender les nouvelles réalités et parvenir à une solution qui mettra non seulement fin aux hostilités ouvertes, mais aussi aux rivalités passées afin d’unifier les forces militaires libyennes».


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