Conseillers royaux

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Cabinet royal : le cercle des conseillers

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Catégorie Politique , Dossiers

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Hauts commis de l’État, les conseillers royaux font l’objet de beaucoup d’illusions quant à leur rôle dans la gestion des affaires publiques. Considérée par les politiques comme étant un ‘‘gouvernement de l’ombre’’ de la Cour, l’équipe des conseillers du Souverain n’a pour autant aucune existence institutionnelle.

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Il est loin le temps où feu Mohammed V, à peine rentré d’exil, qu’il nomma feu Moulay Larbi Alaoui dit Cheikh Al-Islam, feu Mokhtar Soussi et feu Lahcen Lyoussi, en tant que proches collaborateurs avec le titre de « conseillers de la Couronne ».

 


lyoussi



Les choses ont évolué après l’intronisation de feu Hassan II en 1961 avec une dizaine de personnalités gravitant autour du défunt Souverain à différents moments de son règne. Ils sont aujourd’hui au nombre de sept personnalités à avoir le titre de conseiller au sein du Cabinet royal. Il s’agit par ordre d’ancienneté d’André Azoulay (économie-dialogue des civilisations), Omar Kabbaj (Afrique), Omar Azziman (régionalisation, justice, éducation), Abdeltif Menouni (Constitution), Fouad Ali El Himma (sécurité, politique), Yassir Zenagui (économie, tourisme) et Taib Fassi Fihri (diplomatie). Choisis par le chef de l’État, les conseillers royaux sont nommés par Dahir. Leur nomination fait l’objet d’une publication au Bulletin officiel et d’un communiqué du ministère de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie qui fait part de leurs biographies.



 



Prérogatives des conseillers royaux



Triés sur le volet, ces hommes de confiance sont chargés des grands dossiers, chacun selon son domaine de compétence. Ils sont épaulés dans leur travail par des chargés de mission en plus des cabinards. Prenant part à certaines activités royales, les conseillers accompagnent le Souverain dans ses déplacements à l’étranger et assistent à toutes les réunions du Conseil des ministres et à d’autres séances de travail présidées par le Roi. Lors des traditionnelles cérémonies de la Cour, ils sont aussi au premier rang. Aussi, peuvent-ils donner lecture à des messages adressés par le chef de l’État aux participants à des événements nationaux ou internationaux. S’ils sont influents et peuvent orienter les décisions, les conseillers n’ont théoriquement pas le droit d’interférer dans le travail de l’exécutif ou des responsables publics. Ils jouent néanmoins parfois le rôle de relais ou de messager.

 


El Himma MBS



En 2007, une interview inédite fait la une des journaux. Deux conseillers royaux, en l’occurrence feu Abdelaziz Meziane Belfkih et Mohamed Moatassim, se prêtent au jeu des questions-réponses pour éclairer l’opinion publique sur leur rôle et leur fonction. Le timing de leur interview n’est pas anodin puisqu’elle intervient après des questionnements soulevés par les citoyens et les médias sur le rôle joué par les conseillers du Roi dans le retard pris dans la formation du nouveau gouvernement suite aux législatives du 7 septembre. Assurant que les périmètres de la mission et de l’action du conseiller sont ceux définis par le Roi, feu Belfkih et Moatassim ont justifié l’absence de communication par l’obligation de réserve dont ils doivent faire preuve. «Dans ses missions publiques, qui se déploient sous forme de contacts, d’interventions ou de prise de parole, le Conseiller de Sa Majesté le Roi joue un rôle systématiquement subordonné à l’existence d’un besoin réel et motivé par la réalisation d’une valeur ajoutée», affirmait feu Belfkih.

 


Belfkih et Moatassim



Le même exercice sera mené par un autre duo de conseillers en 2019, cette fois-ci pour faire un tour d’horizon des 20 ans de règne du roi Mohammed VI. Omar Azziman et Abdeltif Menouni ont brossé un tableau nuancé en s’arrêtant sur les insuffisances. «Les Marocains peuvent être fiers du parcours accompli, mais on n’est pas insensible aux imperfections, aux carences et aux dysfonctionnements. Pour continuer à avancer, nous avons besoin de cohésion sociale, c’est crucial», déclarait Azziman.



Il faut savoir que toute sortie médiatique des conseillers du Roi est supervisée par l’équipe en charge de la communication au sein du Cabinet royal. Ce staff com’ travaille régulièrement avec les équipes des conseillers royaux puisqu’ils partagent les mêmes locaux. En effet, chaque conseiller dispose d’un bureau sis dans un bâtiment réservé au Cabinet royal à l’intérieur de l’enceinte du Palais de Rabat, en plus d’un secrétariat et de chargés de mission travaillant à ses côtés. Tout conseiller roule en berline avec une immatriculation spéciale (96, 97…). Pour ce qui est des émoluments, les conseillers royaux bénéficient de salaires équivalant à ceux des ministres en plus d’avantages en nature.



Mais ce cercle rapproché du Roi n’a pas les mêmes privilèges que par le passé. Les conseillers de feu Hassan II pouvaient se permettre bien des choses.

 


Guedira



Même si le titre vaut toujours son pesant d’or, être conseiller royal aujourd’hui ne signifie certainement pas avoir carte blanche ou être proche du Souverain. S’ils étaient invités dans les appartements privés du défunt Monarque et sur les greens du golf royal auparavant, avec le roi Mohammed VI, ce n’est pas pareil. Les tempéraments ont bien changé aussi. Comment imaginer aujourd’hui un conseiller manifester son désaccord avec une décision royale comme le faisait feu Abdelhadi Boutaleb avec feu Hassan II ? Feu Ahmed Reda Guedira (cf.vidéo), compagnon de route du défunt Roi, était aussi l’une des rares personnalités qui se permettaient de le tutoyer…

 


 



André Azoulay, le doyen



Nommé en 1991 par feu Hassan II, André Azoulay est sans conteste le doyen du cercle des conseillers royaux.


Azoulay



Le roi Mohammed VI lui a renouvelé sa confiance après son intronisation. Aujourd’hui, André Azoulay s’occupe plus du dialogue des civilisations et des relations avec la communauté juive de par le monde que des affaires économiques. Cet homme des réseaux est né le 17 avril 1941 à Essaouira. Azoulay est un ancien de l’école de l’Alliance israélite universelle d’Essaouira, des lycées de Marrakech et d’El Jadida, et du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris. Il a en outre suivi différents cycles universitaires de spécialisation en économie et en relations internationales. Avant d’être repéré par l’entourage de feu Hassan II, il a travaillé pendant plus de vingt ans en tant que cadre dirigeant de la Banque Paribas à Paris. En 1973, il a créé à Paris le groupe Identité et Dialogue, l’une des premières associations d’intellectuels juifs originaires du monde arabe appelant à la reconnaissance d’un État palestinien vivant aux côtés de l’État d’Israël. La normalisation des relations entre le Maroc et Israël, c’est lui. Président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, André Azoulay est le plus médiatisé des conseillers royaux. Sa fille Audrey a été reconduite récemment à la tête de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) pour nouveau mandat de quatre ans.



 



Omar Kabbaj, ‘‘Monsieur Afrique’’



Quand il a été nommé en juin 2006 conseiller au Cabinet royal, Omar Kabbaj devait mettre en œuvre la nouvelle politique africaine du Maroc voulue par le roi Mohammed VI.

 


Kabbaj



Qu’à cela ne tienne, Kabbaj est un fin connaisseur du continent. En 1995, il a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD), poste qu’il a occupé jusqu’en septembre 2005 avant de céder la place à Donald Kaberuka. Né le 15 août 1942 à Rabat, Omar Kabbaj est diplômé de l’école supérieure de commerce et d’administration des entreprises de Toulouse (promotion 1963). Il a occupé de 1963 à 1966 le poste d’attaché de direction à la direction des participations minières puis chef du service de la commercialisation des minerais au Bureau de recherches et de participation minière (BRPM). Il a été nommé par feu Hassan II directeur général de la Sucrerie nationale de Tadla (SUNAT) de 1970 à 1974. De 1974 à 1977, il a été chargé de mission au cabinet du ministère du Commerce, de l’Industrie, des Mines et de la Marine marchande. Entre 1974 et 1979, Kabbaj a été nommé par le défunt Souverain directeur général de la Sucrerie nationale de canne à sucre de Sebou (SUNACAS). Il a occupé entre 1977 et 1979 le poste de directeur de cabinet du ministre des Finances. De 1979 à 1980, Kabbaj a été membre du conseil d’administration du groupe de la Banque mondiale. De 1980 à 1993, il a été membre du conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI).

Kabbaj est nommé ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’incitation de l’économie dans les gouvernements formés le 11 novembre 1993 et le 7 juin 1994, poste qu’il a conservé jusqu’au mois de février 1995 quand il a pris les rênes de la BAD.



Depuis qu’il est conseiller du Roi, Kabbaj a participé à l’organisation de plusieurs déplacements royaux dans les pays africains. Son travail a permis de raffermir le leadership du Maroc en Afrique avec des tournées réussies du Souverain et un discours royal mémorable à Abidjan en 2014.



 



Omar Azziman, le réformateur discret



Nommé conseiller du Souverain en 2011, Omar Azziman est apprécié pour sa discrétion et son efficacité. Né le 17 octobre 1947 à Tétouan, Azziman a fait des études de Droit à Rabat, Nice et Paris. Militant de longue date des droits humains, il exerce depuis 1972 comme professeur à la Faculté de droit de Rabat, comme il enseigne dans plusieurs établissements nationaux et étrangers. Il avait occupé de 1993 à 1995 le poste de ministre délégué auprès du premier ministre chargé des Droits de l’Homme, avant d’être nommé ministre de la Justice (1997-2002). Il a ensuite été nommé, le 10 décembre 2002, président du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH). Responsable de la Chaire Unesco pour l’enseignement, la formation et la recherche en matière des droits de l’Homme à l’Université Mohammed V depuis 1996, Azziman mène, parallèlement, une carrière d’avocat-conseil et d’expert-consultant auprès de divers organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux, nationaux et internationaux.

Il est également membre fondateur de plusieurs organisations non-gouvernementales actives dans le domaine des droits humains, comme l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), dont il avait été président. Azziman, qui a représenté le Maroc aux sessions annuelles de la Commission des Nations unies pour le Droit du commerce international, a accompli diverses missions diplomatiques, notamment en Amérique latine. Il est membre de l’Académie du Royaume du Maroc depuis 1996, et président-délégué de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger depuis 1997.



Le 22 novembre 2004, Azziman a été nommé par le Roi ambassadeur du Maroc au Royaume d’Espagne et en janvier 2010 président de la Commission consultative de la régionalisation.

 


Azziman

 



Abdeltif Menouni, le constitutionnaliste éclairé



Dans le sillage de l’adoption de la nouvelle Constitution en 2011, Abdeltif Menouni est appelé au Cabinet royal pour suivre la mise en application de la loi suprême dont il avait présidé la commission consultative de révision. «Lors de l’accomplissement de sa mission à la tête de la commission, le professeur Menouni a démontré un sens élevé de dialogue et de communication ainsi que de qualités louables, outre son savoir pléthorique des champs politique et social au Maroc», avait précisé le communiqué du Cabinet royal le jour de l’audience accordée à Menouni par le Souverain. Né en 1944 à Meknès, Menouni est titulaire d’une Licence en droit, section Droit public et Sciences politiques en 1965, d’un Diplôme d’études supérieures en Droit public (1970) et d’un Doctorat d’État en Droit public à l’Université de Grenoble en France en 1975. Professeur à la Faculté de droit de Rabat depuis 1969, Menouni a été membre du Conseil constitutionnel (1994-2008) et membre de l’Instance équité et réconciliation (2004-2006) et de la Commission consultative pour la régionalisation (CCR). Peu habitué à s’exposer, Menouni travaille dans l’ombre sauf quand il s’agit de représenter le Cabinet royal dans des conférences au Maroc ou à l’étranger.

 


Menouni

 



Fouad Ali El Himma, principal conseiller



Sous le règne de feu Hassan II, feu Ahmed Reda Guedira était le principal conseiller royal et un personnage clé de la scène politique nationale. Il en va de même aujourd’hui pour Fouad Ali El Himma, ex-camarade de classe du roi Mohammed VI et non moins ami d’enfance du Monarque. Né à Marrakech en 1962, El Himma avait fait ses études secondaires au Collège royal de Rabat. Tout comme le Roi, après avoir décroché son baccalauréat, il a poursuivi ses études supérieures à la Faculté des sciences juridiques et sociales de Rabat où il a obtenu une Licence en droit et en droit comparé en 1986 et deux Certificats d’études supérieures en sciences politiques en 1988, et en sciences administratives en 1989. Entre 1992 et 1997, El Himma a occupé le poste de président du conseil municipal de Benguerir et député des Rhamna de 1995 à 1997. Il a rejoint le ministère de l’intérieur et a été désigné par feu Hassan II au poste de chef de Cabinet du prince héritier Sidi Mohammed. Le 9 novembre 1999, le roi Mohammed VI le nomme secrétaire d’État à l’Intérieur et le reconduit dans ses fonctions le 6 septembre 2000.

Le 7 août 2007, il démissionne de son poste de ministre délégué pour pouvoir se présenter aux élections qui ont eu lieu le 7 septembre 2007 à l’issue desquelles il a été élu à la circonscription de Rhamna. Le 12 juin 2009, il est élu conseiller lors des élections communales de 2009 à Benguerir avant d’être élu à l’unanimité président du conseil municipal. Il fera alors une sortie médiatique remarquée sur 2M (cf. vidéo). Le 15 mai 2011, il démissionne de deux comités internes du Parti authenticité et modernité (PAM) dont il est fondateur. Le 6 décembre 2011, il est nommé conseiller du Souverain.

 


Vu son expérience, Ssi Fouad traite aussi bien les dossiers sécuritaires que politiques. Le conseiller El Himma peut s’enorgueillir d’un statut unique auprès du Roi. On l’a déjà vu à côté du Souverain qui était au volant d’une décapotable pour une balade dans les rues de Rabat ou Casablanca, un privilège et une preuve de la place qu’occupe cet homme du sérail. Numéro 1 du Cabinet royal, c’est sans conteste le plus influent conseiller du Souverain.

 


El Himma

 



Yassir Zenagui, le benjamin du Cabinet royal



Ce golden boy, aujourd’hui quinquagénaire, s’occupe des affaires économiques et plus précisément du volet Investissements directs étrangers (IDE) et des relations avec les pays du Golfe. Ex-ministre du Tourisme dans le gouvernement Abbas El Fassi III, il est nommé conseiller auprès du Roi fin 2011. Natif de Tanger en 1970, Zenagui a fait des études supérieures en intelligence artificielle à Paris et intègre en 1995 l’une des principales et plus anciennes banques françaises, la Société Générale (Paris). Ainsi débute sa carrière d’ingénieur financier. Par la suite, il a occupé d’autres postes tels que vice-président et directeur chargé de l’activité du trading produits dérivés de taux ‘‘Cross Currency’’ à la Société Générale de Londres. Une fois à la City, il s’est vu nommé directeur en charge du trading arbitrage produits dérivés à la Deutsche Bank. Il est également fondateur et directeur général de Sienna Group à Londres, une société d’investissement touristique. Aux dernières nouvelles, son entreprise est toujours active et pilote des projets d’hôtels à Tamuda Bay (Tétouan) et à Rabat (Dar Es Salam).

 


Zenagui

 



Taib Fassi Fihri, le diplomate expérimenté  



C’était le dernier conseiller du Roi à rejoindre le Cabinet royal il y a de cela neuf ans. Nommé à ce poste le 4 janvier 2012, pour Taib Fassi Fihri c’est un couronnement de toute une carrière au service de l’État et de ses grandes causes. Né en 1958 à Casablanca, il est ingénieur d’application de la statistique, lauréat de l’Institut national de la statistique et d’économie appliquée (INSEA) de Rabat (1980). Il obtient en 1981 la maîtrise en économie publique et planification à l’Université Panthéon-Sorbonne de Paris et, en 1984, le Doctorat en analyse et politique économique à l’Institut d’études politiques de Paris. De 1983 à 1984, il est chargé de cours à l’université de Paris VII (micro-économie), puis chargé d’études à l’Institut français des relations internationales (IFRI). En juin 1986, Fassi Fihri est chef de division au ministère des Affaires étrangères et de la coopération chargé des relations avec la communauté européenne. Il a pris part, à ce titre, aux différentes négociations sur les relations entre le Maroc et la communauté économique européenne. En novembre 1989, il est nommé directeur du cabinet du ministre d’État chargé des Affaires étrangères et de la coopération, avant d’être promu secrétaire d’État aux Affaires étrangères et à la coopération. Le 4 juillet 2002, le roi Mohammed VI le désigne comme coordonnateur, responsable et interlocuteur unique auprès des autorités américaines pour la négociation de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis d’Amérique. Le 7 novembre 2002, il a été nommé par le Souverain, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, puis, en octobre 2007, ministre des Affaires étrangères et de la coopération.



Aujourd’hui, c’est bien au niveau du volet diplomatique que le chef de l’État le consulte. Son large réseau lui permet aussi d’activer des actions de lobbying en faveur du Royaume. Son fils Brahim préside le think-tank Amadeus qui organise notamment les Medays, un forum international annuel à Tanger.

 


Fassi Fihri

 



Si leur nomination est annoncée, c’est le silence radio quand ils sont remerciés. De nombreuses personnalités ne peuvent plus être affublées du titre de conseiller royal mais on continue de les désigner ainsi par méconnaissance. La fonction de conseiller n’est plus acquise à vie et certains conseillers ont quitté le Cabinet royal parce qu’ils sont tombés en disgrâce.



 



Sous le règne du roi Mohammed VI, une nouvelle génération de conseillers a émergé, marquant un renouveau au sein du Cabinet royal. Proches collaborateurs du Souverain, la mission de ces personnages politiques de premier rang les astreint à un devoir de réserve qui entoure leur travail d’une discrétion absolue. Ceci entraine des ouvertures vers une interprétation parfois écartée de la réalité. Si un « shadow cabinet » doit exister, c’est au sein des partis et du Parlement qu’on doit le retrouver comme c’est le cas dans des démocraties occidentales, à l’instar de la Grande-Bretagne qui a érigé la fonction de chef de l’opposition en fonction officielle à la tête d’un cabinet fantôme. Chez nous, en définitive, les conseillers ne sont chargés que de l’examen des dossiers et de la rédaction de comptes rendus qu’ils soumettent au Roi. Arbitre suprême, c’est lui qui décide.



 




Feue Zoulikha Nasri, unique conseillère du Roi

Nommée conseillère en l’an 2000 et décédée en 2015, feue Zoulikha Nasri était chargée des dossiers à caractère social. Première et unique femme à occuper ce poste, feue Zoulikha Nasri était titulaire d’un Doctorat d’État en droit privé. Sa thèse avait porté sur le droit des assurances au Maroc et fut publiée aux éditions La porte en 1982. Feue Nasri avait accompli sa carrière administrative à la Direction des assurances qu’elle a dirigée depuis avril 1994. Le 13 août 1997, feu Hassan II l’avait nommée secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales chargée de l’Entraide nationale, poste qu’elle conserva jusqu’en mars 1998. Elle fut l’une des quatre femmes à intégrer le gouvernement. Le 24 avril 1998, elle fut nommée chargée de mission au Cabinet royal avant d’être choisie le 29 mars 2000 par le roi Mohammed VI pour occuper le poste de conseillère du Souverain. La défunte était membre de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, créée en 1999 et dont elle prit les rênes. En 2002, elle fut nommée à la tête de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus. Feue Nasri avait, dit-on, bon cœur et travaillait sans relâche pour améliorer la situation des personnes vulnérables. On la surnommait aussi ‘‘Madame sauvetage’’. Présente sur le terrain à chaque fois qu’un drame surgit, c’est elle qui gèrera l’après-séisme d’Al-Hoceïma en 2004, entre autres événements tragiques, en plus de la supervision des projets des maisons de retraite, d’orphelinats et des campagnes de solidarité.




 


Nasri
Roi Mohammed VI

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