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Affaire Maati Monjib : le militant s’attire les foudres de l’Intérieur

Libéré le mardi 23 mars de manière provisoire sur ordre judiciaire, l’historien et militant pour les droits de l’Homme Maati Monjib n’a pas tardé à attaquer de nouveau les institutions de l’État. Il a qualifié ces dernières de «police politique» qui cherchent à réprimer les journalistes et les figures d’opposition au Maroc. Des accusations, qui ont été qualifiées d’«irresponsables» et «tendancieuses» par le ministère de l’Intérieur, qui a tenu à rappeler que Monjib est toujours poursuivi pour blanchiment d’argent. Ses avocats, son comité de soutien et l’ONG Reporters sans frontières (RSF) dénoncent pour leur part que le militant n’a pas bénéficié d’un procès équitable, et qu’il fait l’objet d’un procès «politique».

Par Nora Jaafar, Publié le 25/03/2021 à 15:06, mis à jour le 25/03/2021 à 18:14
         Temps de lecture 4 min.
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L'historien marocain Maâti Monjib a été remis en liberté provisoire, le 23 mars 2021, après 19 jours de grève de la faim. © STR, AFP

Le ministère de l’Intérieur a rejeté les accusations «irresponsables» et «tendancieuses» du militant marocain Maati Monjib. Ce dernier, condamné à un an de prison en janvier pour «blanchiment d’argent», a été temporairement libéré de prison le mardi 23 mars. Pendant sa détention, il n’a cessé de nier toutes les allégations portées à son encontre et a observé une grève de la faim pour protester contre son arrestation «injuste». Après sa libération de la prison d’El Arjat près de Rabat, l’activiste s’en est pris aux services de sécurité au Maroc. Dans un communiqué de presse, la tutelle a avancé que «le dénommé Maati Monjib a fait, dans une vidéo relayée sur certains sites et réseaux sociaux, des déclarations et des allégations tendancieuses dans lesquelles il a porté atteinte aux institutions de l’État, en évoquant, de mauvaise foi, des concepts et des terminologies loin de la réalité et de la nature du travail des institutions nationales, comme “la police politique”, “la sécurité politique” et l’existence “d’une structure secrète menaçant la sécurité des Marocains”»

La même source a souligné que contrairement aux affirmations de l’historien, le travail des institutions de sécurité marocaines est encadré par des dispositions constitutionnelles, des conventions internationales et des lois nationales. C’est grâce à cet encadrement qu’ils se conforment aux lois constitutionnelles du «maintien de l’ordre public et de la protection des personnes et des biens», et ce dans le respect «des principes de transparence et des règles de bonne gouvernance sécuritaire». D’ailleurs, poursuit le ministère, l’efficacité desdites institutions est saluée à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.

L’Intérieur a également souligné que les «manœuvres abjectes» de Monjib, qui dispose aussi de la nationalité française, «ne dissuaderont pas les institutions de l’État de poursuivre l’application correcte et ferme des dispositions légales à l’encontre de tous ceux qui pensent bénéficier d’une immunité juridique pour le simple fait qu’ils détiennent la double nationalité».

 

Mise en contexte

La police a arrêté Maati Monjib en décembre dernier avant qu’un tribunal ne le condamne à un an de prison pour «blanchiment d’argent». Mais, les déboires de ce journaliste et militant des droits de l’Homme avaient commencé bien avant. En effet, en 2015, et aux côtés de six autres confrères, il a fait l’objet d’un procès pour «fraude» et «atteinte à la sécurité de l’État», au terme duquel il a été condamné à un an de prison le 27 janvier 2021. Ledit procès concerne des accusations de malversations dans la gestion d’un centre qu’il avait créé pour promouvoir le journalisme d’investigation. D’après Monjib, toutes les charges retenues contre lui sont des accusations diffamatoires, visant à le sanctionner pour ses déclarations portant sur «le rôle de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) dans la répression des opposants et la gestion des affaires politiques et médiatiques au Maroc».

Ses avocats, son comité de soutien et plusieurs Organisations non gouvernementales ont exigé sa libération depuis son arrestation, certains politisant cette affaire et accusant le Maroc de condamner le militant par contumace, sans sa présence ni son consentement. De leur côté, les institutions du Royaume, y compris le Conseil suprême de la magistrature, ont nié ces allégations, affirmant qu’elles sont «mensongères». 

Par ailleurs, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce que le militant n’a pas bénéficié d’un procès équitable, martelant que «le Maroc est 133e sur 180 pays au classement de la liberté de la presse de RSF». Certains membres de l’ONG avaient même manifesté le vendredi 19 mars dernier, devant l’ambassade du Maroc à Paris. Sollicité par RSF, le ministère français des Affaires étrangères, qui a été appelé à «se mobiliser» en faveur de Monjib «avant qu’il ne soit trop tard», a affirmé suivre de près et «avec une grande attention» cette affaire. «Notre poste à Rabat est en contact avec sa famille et nous nous tenons prêts, si M. Monjib le souhaite, à lui apporter notre protection consulaire», avait précisé la porte-parole du Quai d’Orsay.

Enfin, notons qu’aujourd’hui, même si Maati Monjib est en état de liberté, cette dernière n’est que provisoire. L’historien est toujours poursuivi pour blanchiment d’argent, et ne peut toujours pas quitter le Maroc, vu que son passeport a été confisqué par les autorités.

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