Le 25 février 1958, à M’Hamid El Ghizlane, aux portes du Sahara, feu le roi Mohammed V recevait les chioukh et représentants des tribus sahraouies venus renouveler leur allégeance. Deux ans après l’indépendance, cette visite était une consolidation territoriale et une affirmation de l’unité nationale. 68 ans plus tard, cet épisode demeure l’un des moments fondateurs de la relation entre le Trône alaouite et les provinces du Sud.

Temps de lecture :
A A A A A

En 1958, le Maroc est un Etat jeune. L’indépendance, proclamée en 1956, a mis fin au protectorat, mais elle n’a pas réglé toutes les questions territoriales. Le pays doit encore consolider ses frontières, affirmer sa souveraineté et rétablir l’unité de régions longtemps administrées séparément. C’est dans ce contexte que feu le roi Mohammed V entreprend un déplacement à forte portée symbolique dans le Sud du Royaume.

Le 25 février 1958, il se rend à M’Hamid El Ghizlane, dans l’actuelle province de Zagora. Là, devant les notables et les représentants des tribus sahraouies, il prononce un discours qui marquera longtemps l’Histoire du pays.

Une visite post-indépendance

Le retour d’exil de feu le roi Mohammed V, le 16 novembre 1955, avait ouvert une nouvelle ère. L’indépendance proclamée quelques mois plus tard constituait une étape importante, mais elle laissait en suspens la question des territoires encore sous domination étrangère.

Dès les premières années, le Souverain affiche clairement sa détermination à réédifier l’entité nationale dans sa globalité. Il ne s’agit pas seulement de gouverner un Etat libéré, mais de reconstruire une continuité territoriale fragilisée par les découpages coloniaux.

70e Fête de l’Indépendance : héritage d’une lutte pour l’unité nationale

Quelques jours avant son déplacement dans le Sud-Est, feu le roi Mohammed V prononce un discours à Arbaoua, le 16 février 1958, dans lequel il insiste sur le fait que le Nord et le Sud ne doivent être que des réalités géographiques et non politiques. Le message est clair : le Maroc est un et indivisible.

La visite à M’Hamid est dans cette logique.

A M’Hamid, la réaffirmation d’un pacte

Le 25 février 1958, les chioukh et représentants des tribus sahraouies se réunissent pour accueillir le Souverain. Leur présence montre la volonté de renouveler publiquement l’allégeance au Trône alaouite.

Dans son discours, feu le roi Mohammed V proclame solennellement la poursuite de l’action pour le retour du Sahara dans le cadre du respect des droits historiques du Royaume et selon la volonté de ses habitants. Cette déclaration donne une dimension politique forte à la rencontre.

Plus de vingt ans plus tard, le 11 avril 1981, feu le roi Hassan II effectue à son tour une visite à M’Hamid El Ghizlane. Il revient alors sur le déplacement de son père, en soulignant sa portée historique.

Dans son discours, feu le roi Hassan II rappelle que c’est depuis cette localité que fut réclamé le retour des territoires marocains pour parachever l’unité nationale. Il évoque une leçon de patience politique, insistant sur le fait que certaines revendications s’inscrivent dans le temps long.

68 ans après, la visite de feu le roi Mohammed V à M’Hamid El Ghizlane continue d’occuper une place particulière dans la mémoire nationale. Elle symbolise la convergence entre volonté politique et attachement populaire à l’unité du pays.

Marche verte : Quand 350.000 citoyens écrivaient l’Histoire du Maroc

Cet épisode rappelle également que l’indépendance ne fut pas un aboutissement immédiat, mais le point de départ d’un processus plus large de consolidation territoriale.

Aujourd’hui, sous le règne du roi Mohammed VI, la question de l’intégrité territoriale demeure au cœur des priorités nationales, notamment à travers l’initiative marocaine d’autonomie des provinces du Sud.

La commémoration de cette visite permet ainsi de transmettre aux jeunes générations une lecture historique du moment où, au seuil du désert, le lien entre le Trône et les tribus sahraouies fut publiquement réaffirmé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire