Chronique CADENCE
Sabrina El Faiz Publié le 02/01/26 à 10:28
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Narcisse à Nfifa

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En ce vendredi saint, nous ressentons ce malin plaisir à voir tomber des bourreaux. Pas très saint tout ça, mais sentiment largement partagé.

Ah, Nfifa, petite commune jusqu’ici très tranquille de Chichaoua, devient tout à coup célèbre pour avoir abrité un Narcisse des temps modernes. Un président de commune, affilié au PAM (ça a son importance, ne serait-ce que pour le folklore), a cru qu’il pouvait jouer au jeu d’échecs, exigeant un pot-de-vin de 10.000 dirhams pour un simple raccordement électrique. Oui, parce que l’électricité, c’est clairement un privilège.

Le problème, notre Narcisse local ne savait pas qu’il vivait à l’ère des numéros verts. Un petit bijou technologique, pas très moderne, pensé pour protéger l’intérêt public, a eu raison de son ego surdimensionné. Comme si l’univers entier avait attendu ce moment, un citoyen courageux compose le numéro, signale le chantage, et hop, le président tombe droit dans le piège qu’il croyait lui-même avoir tissé. L’arroseur arrosé… par son propre orgueil.

Les gendarmes, sur réquisition du parquet, ont suivi un scénario comme seuls les Marocains savent en écrire, billets marqués, transaction tendue comme une corde de violon, et bam ! Interpellation en flagrant délit. Le Narcisse de service, tout fier de sa stratégie, se retrouve les mains vides, son téléphone confisqué et… son ego en miettes. Voilà ce que ça fait de croire que l’on est intouchable.

La prison provisoire l’attend, le temps que l’enquête définisse la mesure exacte de sa déraison. Mais qu’importe, le message est passé au plus grand nombre. Spoiler alerte, les règles s’appliquent à tout le monde. Ne pensez pas qu’on dit ça en souriant… Si, si c’est en effet le cas !

On ne peut s’empêcher de sourire, sarcastiquement, bien sûr, en voyant le grand Narcisse tomber dans sa propre eau.

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