« Wagnerisation »

Temps de lecture :
wagner en centreafriqueDes mercenaires russes lors d’un meeting du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra en prévision des élections présidentielles de décembre 2020. © Nacer Talel/Anadolu Agency via AFP
A A A A A

La décision de Ouagadougou de dénoncer l’accord de défense avec la France est tout, sauf une surprise. Tout le monde la voyait venir. La junte a donné 30 jours à Paris pour rapatrier les 400 soldats français basés au Burkina Faso, des forces spéciales qui y stationnaient en appui de l’ex-Barkane.

Depuis plusieurs semaines, les militaires au pouvoir à Ouagadougou téléguidaient des manifestations réclamant le départ des Français et la «diversification des partenariats dans la lutte contre le terrorisme». En réalité, il s’agit de faire venir, sans témoins gênant, des mercenaires de Wagner pour les épauler à combattre les terroristes qui occupent 40% du pays. La wagnerisation est en marche.

Le problème n’est pas de dire si c’est bien ou pas, le gouvernement burkinabé est libre de choisir ses alliances, y compris le diable s’il est persuadé que cela l’aidera à lutter contre le terrorisme islamiste. Mais comme en Centrafrique, au Mozambique ou au Mali pour ne citer que ces exemples connus, il faut craindre qu’il se soit trompé de diagnostic. Ce n’est pas en s’adjoignant des mercenaires que l’armée va retrouver, comme par magie, sa combativité. Comme partout en Afrique, ce sont les fondations de l’armée burkinabè qu’il faut rebâtir en s’attaquant au tabou des fractures ethniques et à la corruption des officiers.

Sous Blaise Compaoré et ses 27 ans au pouvoir, les soldats les mieux entraînés (et les mieux payés) appartenaient à la garde prétorienne du régime. La plupart des éléments de cette division d’élite venaient de la même ethnie que le président Compaoré. Le reste de l’armée était marginalisé. Même si cette garde présidentielle a été dissoute, cela laisse des traces au sein de la troupe. Les ressentiments accumulés pendant des années seraient d’ailleurs, une des explications du dernier coup d’État.

Recommandé pour vous

Côte d’Ivoire : l’opposition pose ses conditions après la dissolution de la CEI

Politique - La dissolution de la Commission électorale indépendante en Côte d’Ivoire ravive les tensions politiques.

Madagascar : référendum en juin 2027, présidentielle prévue en octobre

Politique - La CENI de Madagascar prévoit un référendum en juin 2027 sur l’instauration d’une Ve République, suivi de la présidentielle en octobre.

Sénégal : l’UE alloue 17 millions $ à la marine sénégalaise

Politique - Le Sénégal reçoit 17 millions $ de l’UE pour renforcer la marine sénégalaise. Un appui stratégique pour la sécurité maritime ouest-africaine.

Arrestations, menaces, enlèvements : la pression sur les voix critiques en Afrique

Afrique - Du Mali au Rwanda, l’espace civique se resserre. Analyse des méthodes de contrainte et de leurs effets sur gouvernance et économie.

Nigeria : 41 éleveurs peuls tués lors d’un raid près du Bénin

Afrique - Au Nigeria, 41 éleveurs peuls ont été tués près du Bénin lors d’un raid lié à l’insécurité frontalière. Les faits et le contexte à retenir.

Mali : Assimi Goïta cumule la présidence de la Transition et la Défense

Politique - Après le décès du Général Sadio Camara, Assimi Goïta prend les rênes de la Transition et de la Défense au Mali.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire