Racket portuaire

Temps de lecture :
Port lagosPort de Lagos © DR
A A A A A

S’ils veulent gagner en compétitivité, les ports africains doivent engager un combat, un vrai, contre les coûts invisibles qui polluent la vie des opérateurs économiques. Et en premier lieu, le racket des chargeurs. En plus de frais dûs au titre de services portuaires, les importateurs des biens de consommation courante doivent préparer les «frais de motivation» des douaniers pour «libérer» leurs conteneurs. Ce bakchich est devenu tellement «normal», que les transitaires l’incluent dans la facture de leurs services. Étrangement, les gouvernements semblent s’en accommoder et tant pis pour les dommages au climat des affaires.

La deuxième maladie chronique des ports du continent est la congestion. Ce phénomène concerne tous les ports du Golfe de Guinée, de Douala à Dakar en passant par Lagos. Plus au Nord, c’est la gestion des pics de l’import de produits à forte saisonnalité qui laisse des navires en rade pendant des jours, voire des semaines.

L’augmentation des trafics routiers est l’autre cauchemar pour les chargeurs. Dans les pays où les ports sont situés en plein centre-ville comme à Casablanca, Douala, Dakar, Monrovia, la fluidité des rotations de camions est fortement entravée par la densité du trafic urbain. À Lagos par exemple, chaque camion passe en moyenne 2 à 6 jours dans la queue vers les voies d’accès portuaires ! Or, une cargaison ou un navire en souffrance au port signifie des charges financières additionnelles pour les usagers. En frais du personnel, en frais d’emmagasinage ou en surestaries.

Nos autorités auraient tout à gagner à prendre exemple sur les grandes plateformes portuaires en Asie du Sud-Est, référence mondiale en matière de services portuaires au lieu de communiquer sur des classements bidon et des certifications de complaisance.

Recommandé pour vous

La RDC veut ouvrir ses mines aux investisseurs locaux

La RDC veut créer la Bourse de Kinshasa pour faciliter l'accès des Congolais au capital des sociétés minières, en complément de la réforme sur l'actionnariat local.

Purge

L’Afrique du Sud arc-en-ciel reste un pays qui se raconte une belle histoire d’unité qu’il n’a jamais vraiment achevée. Mandela est mort en 2013, son pays se cherche encore.

Les pays de l’AES formalisent leur retrait de la CPI

Les états du Sahel ont officialisé leur retrait de la CPI. Effectif en juin 2027, ce départ n'interrompt pas les enquêtes en cours ni l'obligation de coopérer avec la Cour.

Législatives en Algérie : l’abstention au cœur des inquiétudes

Les législatives en Algérie se tiennent sous tension, avec une forte crainte d’abstention record, des critiques de l’opposition et des doutes sur la légitimité du Parlement élu.

RDC : l’or d’Ituri massivement détourné vers l’Ouganda, selon l’ONU

L'ONU alerte sur une forte hausse de la contrebande d’or d’Ituri (RDC) vers l’Ouganda en 2025, révélée par des écarts d’exportations avec une possible implication de groupes armés.

Inondations en Côte d’Ivoire : 59 morts en plein début de saison des pluies

Les inondations font 59 morts en début de saison des pluies en Côte d'Ivoire, surtout à Abidjan. Le gouvernement évoque le dérèglement climatique et des pluies précoces.
pub