Chine-Égypte : Xi Jinping au Caire pour renforcer le partenariat sino-égyptien
La visite du président chinois en Égypte intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Pékin. Alors que le conflit au Moyen-Orient menace de perturber les échanges commerciaux et énergétiques, la Chine cherche à consolider ses relais diplomatiques dans une région stratégique.
Xi Jinping est arrivé mardi 1er septembre au Caire, où il a été accueilli par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il s’agit de la première visite du dirigeant chinois en Égypte depuis dix ans. Prévue sur deux jours, cette rencontre doit permettre aux deux chefs d’État d’aborder plusieurs dossiers bilatéraux, mais également les principales crises régionales, selon la présidence égyptienne.
Au cœur des discussions devrait notamment figurer la guerre impliquant les États-Unis et l’Iran. Pékin entretient des relations étroites avec Téhéran et constitue un important acheteur de pétrole iranien. Les nouvelles menaces de Washington contre les pays qui continuent de commercer avec l’Iran font donc peser un risque supplémentaire sur les intérêts économiques chinois.
L’Égypte se trouve elle aussi dans une position délicate. Alliée historique des États-Unis, qui lui fournissent notamment une importante assistance militaire, elle entretient parallèlement des relations économiques croissantes avec la Chine. Le Caire cherche ainsi à préserver ses liens avec Washington tout en développant ses partenariats avec Pékin.
Cette position pourrait donner à l’Égypte une importance particulière aux yeux des autorités chinoises. Le pays dispose d’une influence diplomatique significative dans la région et joue régulièrement un rôle de médiateur dans les conflits au Moyen-Orient. Le canal de Suez, par lequel transite une part importante du commerce mondial, renforce également son importance stratégique.
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Plusieurs points sensibles au menu
Les discussions doivent ainsi porter sur plusieurs points sensibles, notamment la situation en Iran, la sécurité du détroit d’Ormuz, les tensions en mer Rouge et la guerre à Gaza. Pour Pékin, l’objectif est également de préserver ses intérêts commerciaux et énergétiques dans une région où l’instabilité peut directement affecter les chaînes d’approvisionnement.
Sur le plan économique, la visite devrait déboucher sur de nouveaux accords entre les deux pays. Des coopérations dans les domaines de l’intelligence artificielle et des centres de données sont notamment attendues. La zone économique liée au canal de Suez devrait également figurer parmi les secteurs de coopération.
La Chine dispose déjà d’une présence économique importante en Égypte et bénéficie d’un excédent commercial conséquent avec le pays. Ces dernières années, Pékin a parallèlement multiplié les investissements et les partenariats énergétiques au Moyen-Orient, renforçant progressivement son poids économique dans la région.
La visite de Xi intervient enfin quelques semaines après des exercices militaires conjoints entre la Chine et l’Égypte. Elle précède également un déplacement du président chinois aux États-Unis, prévu au cours du mois de septembre. Pékin semble donc vouloir renforcer ses relations avec plusieurs partenaires du Moyen-Orient tout en évitant de se retrouver isolé face aux tensions croissantes entre Washington et Téhéran.
Pour Le Caire, cette coopération répond à une logique similaire : diversifier ses partenariats sans rompre avec son allié américain. L’enjeu est de préserver une marge de manœuvre diplomatique et économique suffisante dans un environnement régional de plus en plus instable.