Au Cameroun, le Pape Léon XIV presse le pouvoir d’agir contre la corruption
Au Cameroun, le Pape Léon XIV a ouvert mercredi 15 avril à Yaoundé une visite apostolique centrée sur la paix, la réconciliation et la gouvernance. Devant le président Paul Biya au palais présidentiel, le pape a appelé les autorités à « briser les chaînes de la corruption », en demandant au pouvoir public de restaurer sa crédibilité dans un pays confronté à une crise politique et sécuritaire durable.
Ce déplacement, le premier d’un Pape au Cameroun depuis 2009, intervient quelques mois après la réélection contestée de Paul Biya en novembre 2025. Il se déroule aussi alors que les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent marquées par un conflit séparatiste déclenché en 2017, avec un lourd bilan humain et des déplacements de population qui continuent de peser sur l’ensemble du pays.
Pape Léon XIV place sa visite au Cameroun entre paix civile et exigence d’intégrité
Après son arrivée à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, le Souverain pontife a été accueilli par le premier ministre Joseph Dion Ngute avant un entretien avec le chef de l’Etat et les corps constitués. Dans la capitale, il a également visité l’orphelinat Sainte-Thérèse, où sa présence a suscité une forte mobilisation populaire, signe du poids social de l’Eglise catholique dans ce pays d’Afrique centrale. Selon les données généralement retenues, les catholiques représentent environ 29% de la population camerounaise.
La suite de la visite doit conduire le Pape à Bamenda, au cœur de la région du Nord-Ouest, épicentre de la crise anglophone. Une trêve de trois jours a été annoncée avant son arrivée afin de permettre la tenue d’une rencontre pour la paix. D’après les estimations les plus souvent citées, les violences ont fait plus de 6.000 morts depuis le début du conflit, en plus de nombreuses écoles fermées, d’activités économiques perturbées et de centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays ou vers les Etats voisins de la CEMAC et du bassin du lac Tchad.