Ce qu’il faut retenir du rapport de politique monétaire de l’UMOA

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Afrique de l’Ouest : la BCEAO abaisse ses taux dans un contexte de déflationSiège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) © DR
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Face aux incertitudes économiques mondiales, l’UMOA fait preuve d’une résilience remarquable. Le rapport de la BCEAO de juin 2025 révèle une croissance soutenue, une inflation maîtrisée et une politique monétaire assouplie. Tout en réduisant les déficits budgétaires et en améliorant sa balance des paiements, l’Union conjugue rigueur et dynamisme, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, climatiques et financiers.

Dans un contexte économique mondial toujours incertain, l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a su faire preuve d’un équilibre subtil entre prudence monétaire et volonté de soutenir la dynamique de croissance. Le dernier rapport de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), publié en juin 2025, offre une radiographie complète de la situation macroéconomique régionale et des décisions stratégiques prises par les autorités monétaires.

L’activité économique mondiale a ralenti au premier trimestre 2025, notamment aux États-Unis (+2% contre 2,5% au trimestre précédent), tandis que l’Europe reste stable (+1,2%) et que la Chine maintient une croissance robuste (+5,4%). La désinflation observée dans les grandes économies a favorisé l’assouplissement des politiques monétaires, avec une baisse notable des taux directeurs dans la zone euro.

Lire aussi : La BCEAO baisse son taux directeur principal

Dans ce contexte, les cours des matières premières exportées par les pays de l’UEMOA ont continué de progresser (+8,9% pour les produits hors pétrole), notamment le cacao (+14,8%), le café (+11,1%) et l’or (+7,5%). Ces hausses ont contribué à améliorer les termes de l’échange pour la région.

Au niveau régional, la croissance économique demeure vigoureuse. Le produit intérieur brut (PIB) réel de l’UEMOA a progressé de 7,1% au premier trimestre 2025, après une hausse de 7,2% au trimestre précédent. Cette performance s’explique en grande partie par le dynamisme de la production extractive et par une demande intérieure soutenue.

Pour l’ensemble de l’année, la BCEAO prévoit une croissance de 6,4%, légèrement supérieure à celle de 2024 (6,3%). Toutefois, des risques à la baisse subsistent, notamment liés à la sécurité au Sahel, aux tensions commerciales mondiales et aux aléas climatiques.

Inflation maîtrisée et amélioration de l’offre

Autre indicateur positif : l’inflation. Le taux d’inflation annuel dans l’Union s’est établi à 2,3% au premier trimestre 2025, contre 2,9% au trimestre précédent. Cette baisse est attribuée à une meilleure disponibilité des produits vivriers sur les marchés, au recul des prix à l’importation, notamment dans le secteur de l’énergie, ainsi qu’aux effets bénéfiques de la politique monétaire.

L’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergie) a, elle aussi, diminué pour atteindre 1,3%. Pour l’ensemble de l’année, la BCEAO prévoit un taux moyen de 2,2%, conforme à la cible de stabilité fixée entre 1% et 3%.

Face à cette conjoncture favorable, la BCEAO a décidé d’assouplir davantage sa politique monétaire. Elle a abaissé de 25 points de base ses principaux taux directeurs. Le taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidités passe ainsi de 3,50% à 3,25%, et celui du guichet de prêt marginal de 5,50% à 5,25%.

Cette mesure vise à encourager le crédit au secteur privé et à soutenir l’investissement productif, sans compromettre la stabilité monétaire. En effet, les conditions de liquidité se sont déjà améliorées, avec une baisse du taux moyen interbancaire à 6,0% et un taux débiteur moyen des banques ramené à 6,80%.

Une gestion budgétaire plus disciplinée

Les efforts de consolidation budgétaire engagés par les États membres se poursuivent. Le déficit budgétaire global, sur la base des engagements, est passé à 4,2% du PIB au premier trimestre 2025, contre 5,1% un an plus tôt. Cette réduction résulte notamment d’une meilleure mobilisation des ressources fiscales et d’une rationalisation des dépenses publiques.

La dette publique, quant à elle, reste maîtrisée, avec un ratio estimé à 59% du PIB à la fin mars 2025. À moyen terme, le déficit devrait continuer de se réduire, pour atteindre 3,2% en 2026, soutenu par une pression fiscale en hausse.

La balance des paiements de l’Union a également été l’un des grands points de satisfaction. Elle a affiché un excédent de 1.176 milliards de FCFA au premier trimestre, contre seulement 8 milliards un an plus tôt. Cette amélioration s’explique par la réduction du déficit courant (à seulement 0,1% du PIB) et par le regain des exportations de pétrole et de gaz au Sénégal et au Niger.

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Sur le marché financier régional, les tensions se sont néanmoins accrues, avec une hausse des taux sur les titres publics. Le taux moyen pondéré des bons du Trésor est passé à 7,41%, traduisant une prime de risque plus élevée, liée notamment à l’exposition des banques aux dettes souveraines.

À l’inverse, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a connu une croissance significative, avec une hausse annuelle de 16,5% de la capitalisation globale.

Le rapport invite la BCEAO à rester vigilante. La banque entend ajuster sa politique au gré de l’évolution de l’inflation, de la liquidité bancaire et de la conjoncture internationale. La priorité reste inchangée : préserver la stabilité monétaire tout en stimulant la croissance, dans un environnement marqué par des risques géopolitiques et climatiques persistants.

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