Burkina Faso : 1re visite de l’ex-président Compaoré après 27 ans d’exil

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Burkina Faso : 1re visite de l’ex-président Compaoré après 27 ans d’exilL’ancien chef de l’État burkinabè Blaise Compaoré. © Francois Mori/AP/SIPA
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L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, va rentrer d’exil pour la première fois depuis son renversement lors d’un soulèvement en 2014. C’est ce qu’ont annoncé, mercredi dernier, les autorités burkinabè, malgré sa condamnation en début d’année pour complicité dans le meurtre de son prédécesseur.

Compaoré, qui a dirigé le pays pendant 27 ans, a été invité par la junte militaire au pouvoir à participer à une réunion, le vendredi 8 juillet, entre le président intérimaire Paul-Henri Damiba et plusieurs anciens présidents. Cette rencontre vise à discuter de «questions liées aux intérêts supérieurs de la nation», a indiqué la présidence dans un communiqué.

Ces dernières semaines, Damiba a tendu la main à ses prédécesseurs, soulignant la nécessité d’une unité politique face à la menace terroriste. Rappelons que les militaires ont pris le pouvoir lors d’un coup d’État en janvier dernier. Ils ont justifié ce putsch par l’exacerbation du terrorisme. Mais, jusqu’à présent, la junte n’a toujours pas réussi à ralentir la progression des groupes extrémistes, notamment Al-Qaïda et Daech.

S’agissant de Compaoré, 71 ans, il a fui en Côte d’Ivoire pendant le soulèvement de 2014, qui a fait suite à ses tentatives de modifier la constitution pour rester au pouvoir. Un tribunal militaire l’a condamné par contumace, en avril dernier, à la prison à vie pour complicité dans le meurtre de son prédécesseur Thomas Sankara en 1987.

Selon la présidence du pays, la réunion des anciens chefs d’État «n’entrave pas les poursuites judiciaires engagées contre certains d’entre eux».

Toutefois, dans un communiqué, une association d’avocats, représentant les familles de Sankara et d’autres personnes tuées pendant le coup d’État de 1987, a réclamé l’arrestation de Blaise Compaoré dès son arrivée Burkina Faso.

Cette interpellation semble pourtant peu probable. En effet, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, qui a refusé à plusieurs reprises d’extrader Compaoré, a déclaré que son pays a convenu du retour de Compaoré avec les autorités burkinabè.

Par ailleurs, Roch Kabore, le président que la junte a renversé en janvier dernier, participera également à la réunion de vendredi. Kabore a rencontré Damiba le mois dernier pour la première fois depuis le coup d’État.

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