Afrique du Sud : un projet de loi sur la couverture santé universelle adopté

Temps de lecture :
Afrique du Sud : un projet de loi sur la couverture santé universelle adoptéDes candidats au dépistage dans la salle d'attente d'un hôpital de Soweto, en Afrique du Sud, le 30 novembre 2020 © AP
A A A A A

Un projet de loi controversé visant à instaurer une couverture santé universelle en Afrique du Sud a été adopté, mardi 13 juin, à l’Assemblée nationale, après d’intenses débats. L’opposition craint que le système de santé du pays, déjà surchargé, ne s’effondre si le texte entrait en vigueur.

Les députés ont voté en faveur du projet de loi « NHI » (National health insurance) à 205 voix contre 125. Le texte doit encore passer devant la chambre haute du Parlement, le Conseil national des provinces.

Le ministre de la Santé, Joe Phaahla, a salué «une étape historique» pour le projet de loi en élaboration depuis douze ans. Selon lui, il s’agit d’ «un des textes législatifs les plus révolutionnaires» depuis la fin de l’apartheid il y a une trentaine d’années.

Notons que dans la première puissance industrielle du continent, les hôpitaux publics sont souvent surpeuplés et en manque de moyens ou de personnels. Les plus privilégiés se tournent vers le secteur privé.

Les tarifs seront fixés par l’État

Le NHI offrira «un système de soins de santé équitable, accessible, abordable et solide», a promis Phaahla. La loi «garantira à tous les Sud-Africains l’accès à la même clinique ou au même hôpital (public ou privé), près de leur lieu de résidence ou de travail, sans qu’ils aient à payer. Le gouvernement paiera».

Le texte prévoit que les tarifs seront fixés par l’État et la création d’un fonds financé par les impôts et des cotisations.

Le projet de loi crispe l’opposition

Si la loi était promulguée, neuf millions sur 60 millions de Sud-Africains, qui ont une assurance médicale, «devront être pris en charge par un système de santé public déjà surchargé», a fustigé Michele Clarke, du premier parti d’opposition du pays, l’Alliance démocratique (DA).

Mettant en garde contre «un exode massif des professionnels de santé», Clarke a estimé que la présentation du texte était une manœuvre de l’ANC au pouvoir avant les élections générales l’an prochain.

«En promettant tout à tout le monde, à la fin, il ne restera plus rien pour personne», a renchéri Philip van Staden, du petit parti d’opposition majoritairement blanc, FFPlus.

Le secteur privé s’inquiète

Une telle loi risque d’ «aggraver la situation de tous les Sud-Africains, en instaurant un système où la fourniture de soins par l’État deviendra impossible et où l’offre par le secteur privé sera fermée», a estimé Busi Mavuso, de Business Leadership South Africa, forum rassemblant certaines des plus grandes entreprises du pays.

Recommandé pour vous

Gabon : l’audit ramène le taux d’endettement sous le seuil de 70%

Le Gabon ramène son taux d’endettement à 68,91% après un audit, contre 84% auparavant, grâce à une révision de la dette et du PIB.

Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions américaines sur les visas

Pretoria dénonce les restrictions américaines sur les visas visant des responsables sud-africains et appelle Washington à privilégier le dialogue diplomatique.

Mauritanie : l’ambassadeur iranien convoqué à Nouakchott

La Mauritanie a convoqué l’ambassadeur iranien après des « déplacements » jugés contraires aux usages diplomatiques, sur fond de controverse autour d’une visite à Bousdeïra.

18 candidats retenus pour la présidentielle de 2027 au Nigéria

Parmi les principales figures en lice figurent le président sortant Bola Ahmed Tinubu (APC), candidat à sa réélection, et l'ancien vice-président Atiku Abubakar (ADC).

L’Afrique, les Etats-Unis et la bataille des cartes

Une carte peut-elle fausser notre vision de l’Afrique ? En changeant de projection, l’ONU veut remettre les continents à leur vraie taille. Une décision scientifique… en apparence.

Gabon : le gouvernement suspend les nouvelles exonérations fiscales et douanières

Le Gabon suspend les exonérations fiscales et douanières, après un manque à gagner de plus de 393 millions d’euros au 31 juillet 2026.
pub