Burkina Faso : les terroristes multiplient les attaques meurtrières

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Burkina Faso : les terroristes multiplient les attaques meurtrières
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Aux premières heures du samedi 5 juin, des terroristes ont tué au moins 160 civils, dont une vingtaine d’enfants, dans un village au nord du Burkina Faso. Cette attaque a été la plus meurtrière depuis le début des violences extrémistes en 2015 dans le pays. Plusieurs voix, dont celle du Maroc, se sont levées pour condamner ce nouveau massacre et exprimer leur solidarité et soutien avec le peuple burkinabè.

Des terroristes ont tué au moins 160 civils, dont une vingtaine d’enfants, dans un village au nord du Burkina Faso. Cette attaque a été la plus meurtrière depuis le début des violences extrémistes en 2015 dans le pays. Ce nouveau massacre a eu lieu aux premières heures du samedi 5 juin et a fait suite à l’assassinat de 14 personnes dans le village de Tadaryat. Dans cette région, les terroristes affiliés à Al-Qaïda et à Daech s’en prennent régulièrement aux civils et aux militaires.



À Solhan, une région proche des frontières du Mali et du Niger, des sources locales ont indiqué avoir récupéré un total de 160 corps dans trois fosses communes après le drame de samedi. Un responsable régional a déclaré que «la situation reste volatile… malgré l’annonce des opérations militaires», ajoutant que les habitants de cette ville ont fui vers les villes voisines de Sebba et Dori. «Beaucoup de gens ont tout perdu après que leurs maisons et leurs biens aient été incendiés», a-t-il déploré.



 



Réactions nationales et internationales suite à ce massacre



Le président Roch Marc Christian Kabore a qualifié le massacre de Solhan de «barbare» et de «méprisable». «Nous devons rester unis et solides contre ces forces obscurantistes», a-t-il lancé. Déclarant trois jours de deuil national jusqu’à ce lundi 7 juin, le gouvernement a indiqué que «le lourd bilan humain de cet attentat était le pire enregistré à ce jour dans le pays», tout en prévenant que ce dernier risque encore d’augmenter.



De son côté, Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, s’est dit «indigné» par ce drame. Et de préciser que Guterres «condamne fermement cette attaque odieuse et souligne l’urgente nécessité pour la communauté internationale de redoubler son soutien aux États membres dans la lutte contre l’extrémisme violent et son inacceptable bilan humain». Aussi, il a assuré aux autorités burkinabè le «soutien total» de l’ONU.



Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré pour sa part qu’il se rendrait dans l’ancienne colonie française «cette semaine», affirmant la «solidarité» de Paris avec le Burkina Fasso. Après la prière de l’Angélus de dimanche au Vatican, le pape François a également prié pour «les victimes de l’effusion de sang à Solhan», et a soutenu que «l’Afrique a besoin de paix et non de violence !».



Le Maroc a quant à lui condamné l’attaque terroriste ignoble que subit le peuple du Burkina Faso dans un message adressé au ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’Extérieur, Alpha Barry. Dans cette correspondance, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a souligné que «devant cette agression lâche, le Royaume du Maroc condamne vivement cet acte terroriste abject, qui est rejeté par toutes les religions et les valeurs humanistes universelles». Il a avancé qu’en cette douloureuse occasion, le Maroc «présente ses vives condoléances et ses sincères sentiments de compassion et de solidarité aux familles éplorées et au peuple burkinabè frère».



 



Renforcement des forces de défense et de sécurité



Par ailleurs, le gouvernement burkinabè a annoncé une forte mobilisation de ses forces de défense et de sécurité «pour neutraliser ces terroristes et rétablir le calme dans les zones peuplées». Notons que Solhan, qui représente une petite communauté située à environ 15km de Sebba, la principale ville de la province de Yagha, a subi de nombreuses attaques ces dernières années. Depuis 2015, le Burkina Faso peine à lutter contre les attaques terroristes de plus en plus fréquentes et meurtrières de groupes tels que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ou Daech. Les offensives ont commencé dans le nord du pays, près de la frontière malienne, mais se sont depuis étendues à d’autres régions, notamment à l’Est. Environ 1.400 personnes sont mortes suite à ces attentats terroristes et plus d’un million ont fui leurs foyers.


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