Algérie : au procès, l’épouse de Kamel Daoud nie tout secret médical
En Algérie, la psychiatre Aïcha Dahdouh, épouse de l’écrivain franco-algérien Kamel Daoud, a comparu mardi 27 octobre devant le tribunal d’Oran dans une affaire liée au secret médical. Elle est poursuivie après la plainte d’une ancienne patiente, Saada Arbane, qui l’accuse d’avoir transmis à l’écrivain des éléments de son dossier pour nourrir le roman Houris.
Dans un communiqué diffusé le 25 octobre, la praticienne a rejeté les accusations. Elle affirme n’avoir ni divulgué d’informations couvertes par la confidentialité ni soustrait de dossier. L’affaire intervient dans un contexte de forte attention autour de ce livre, récompensé par le prix Goncourt en 2024, et déjà au centre d’une vive controverse en Algérie.
Une affaire de secret médical au croisement de la justice et de la littérature
La plaignante, âgée de 32 ans, estime s’être reconnue dans le personnage principal du roman, une femme rendue muette après une agression durant la guerre civile algérienne. Elle met en avant plusieurs éléments qu’elle juge concordants avec sa propre histoire, notamment une cicatrice, des tatouages, une passion pour les chevaux, des données familiales et l’usage d’une canule trachéale pour respirer.
Algérie : Kamel Daoud dit avoir été condamné pour son roman « Houris »
Selon ses déclarations, Aïcha Dahdouh l’aurait suivie pendant sept ans comme psychiatre. Elle soutient également avoir été mise en contact avec Kamel Daoud par l’intermédiaire de son épouse et avoir refusé, à l’époque, de lui confier son récit. De son côté, la médecin rappelle que la confidentialité des échanges avec les patients constitue un principe fondamental de sa profession et assure y avoir toujours été fidèle.