Afrique du Sud : Pretoria vise 3% de croissance annuelle pour soutenir l’emploi

Temps de lecture :
Afrique du Sud : Pretoria vise 3% de croissance annuelle pour soutenir l’emploiCroissance économique (Illustration) © depositphotos
A A A A A

L’Afrique du Sud entend accélérer son rythme de croissance économique afin de mieux répondre aux défis liés au chômage. Le gouvernement vise désormais une progression moyenne du PIB de 3% par an à l’horizon 2030, avec l’ambition de générer un million d’emplois supplémentaires.

Cette nouvelle cible a été annoncée le 20 août lors du lancement de la troisième phase du Partenariat gouvernement-entreprises, mis en place en 2023. Après deux étapes consacrées à la stabilisation de l’économie et aux réformes structurelles, les autorités souhaitent désormais faire de la croissance et de la création d’emplois les principales priorités.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a estimé que les efforts engagés au cours des deux premières phases doivent désormais produire des effets plus importants sur l’activité économique. Selon lui, la nouvelle étape du partenariat doit permettre de transformer les avancées réalisées en investissements, en croissance et en emplois durables.

À terme, l’objectif est de porter la croissance à 5%, un niveau qui permettrait, selon les projections avancées par les autorités, de créer environ 1,9 million d’emplois sur cinq ans et de contribuer à faire reculer le chômage.

Quatre secteurs identifiés comme moteurs

Pour atteindre ces objectifs, quatre domaines ont été retenus comme prioritaires : les infrastructures, l’industrie minière, le tourisme et l’agriculture. Ces activités présentent notamment l’avantage de pouvoir générer des emplois relativement rapidement, sans nécessiter systématiquement de longues périodes de formation.

Le secteur minier occupe une place particulière dans cette stratégie. L’Afrique du Sud dispose d’importantes ressources en métaux du groupe du platine ainsi qu’en or, vanadium et diamants. L’activité minière représente déjà environ 6% du PIB, près de 470.000 emplois et quelque 800 milliards de rands d’exportations annuelles.

Lire aussi : Croissance économique : l’Afrique face à la menace climatique

L’agriculture constitue également un important levier de croissance. Le pays figure notamment parmi les principaux producteurs mondiaux d’agrumes et de noix de macadamia. Sa situation géographique lui permet en outre d’approvisionner certains marchés durant la période creuse de l’hémisphère Nord.

Les infrastructures offrent, elles aussi, d’importantes perspectives. Le pays fait face à un déficit d’investissement estimé à environ 2.000 milliards de rands, tandis que ses marchés financiers domestiques pourraient contribuer au financement de nouveaux projets.

Des signes de redressement économique

Les milieux économiques sud-africains observent par ailleurs plusieurs indicateurs encourageants. Adrian Gore, président de Business Leadership South Africa, estime que l’amélioration de l’approvisionnement électrique et la reprise progressive des infrastructures logistiques constituent des signes favorables.

Le pays a également enregistré six trimestres consécutifs de croissance positive. À cela s’ajoutent les relèvements de la notation souveraine par Standard & Poor’s et Fitch Ratings, ainsi qu’une appréciation de 13% du rand en 2025, sa meilleure performance en 16 ans.

Malgré ces signaux positifs, l’économie sud-africaine reste confrontée à un problème structurel de croissance insuffisante. Sur la dernière décennie, le PIB n’a progressé que d’environ 1% à 1,1% en moyenne par an.

Ce rythme ne suffit pas à absorber les quelque 300.000 nouveaux actifs qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le gouvernement mise donc sur une accélération de l’activité, notamment dans les secteurs à fort potentiel d’investissement et d’emploi, pour inverser durablement la tendance.

Recommandé pour vous

Éthiopie : une usine chinoise d’aluminium entre en service

L’Éthiopie inaugure une usine d’aluminium chinoise de 180.000 tonnes par an pour réduire ses importations, tandis qu’un second projet avec Rusal vise à accroître sa production.

Afrique : l’autosuffisance en carburants est-elle réaliste ?

Pour atteindre l’autosuffisance, l’Afrique devrait disposer de capacités de raffinage supérieures à quatre millions de barils par jour.

Kenya : la méga-raffinerie de Lamu divise déjà avant sa construction

Au Kenya, le groupe Dangote a lancé à Lamu le chantier d’une raffinerie de 700.000 barils par jour, estimée à 16 milliards de dollars.

Éthiopie-Djibouti : un pipeline de 660 millions de dollars

L’Éthiopie, Djibouti et Dangote prévoient un pipeline de 120 km et 660 millions de dollars pour acheminer les produits pétroliers raffinés vers l’Éthiopie.

RDC-Zambie : les limites du tout-rail pour le cuivre

Malgré les investissements dans les corridors ferroviaires, la RDC et la Zambie restent fortement dépendantes du transport routier pour leurs exportations de cuivre.

Dette : le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’évaluation des pays à faible revenu

Le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’analyse de la dette des pays pauvres, avec une meilleure prise en compte de la dette intérieure et des besoins de développement.
pub