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PurgeDes immigrés en situation irrégulière attendent à Durban, en Afrique du Sud, d'être transférés dans un centre de transit près de la frontière avec le Zimbabwe, le 29 juin © MARCO LONGARI / AFP
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25.000 personnes ont plié bagage avant même la fin de l’ultimatum. Le 30 juin, on les voyait partout : Johannesburg, Durban, Le Cap. Des files interminables d’étrangers, valises à la main, devant les bus. Pas de loi, pas de décret, juste un mouvement, « March and March », qui fixe une date, et tout le pays qui s’exécute, tétanisé.

Quatre morts. Deux Mozambicains, un Ethiopien, un Malawite. C’est Jacinta Ngobese-Zuma qui donne le ton. Ancienne animatrice radio devenue la grande prêtresse de la xénophobie, elle organise, structure, désigne les cibles. Des propriétaires jettent leurs locataires étrangers à la rue. Des patrons licencient par peur d’avoir des ennuis. Le pays de Mandela chasse ses frères du continent à coups de bâton et de contrôles au faciès.

Et pendant ce temps, les panafricanistes de tous bords – les vrais, les faux, les opportunistes – restent muets. Un seul mot de leur part suffirait. Un seul. Et tout pourrait s’arrêter. Personne ne le prononce.

L’impuissance du gouvernement crève les yeux. Le président Ramaphosa envoie l’armée protéger les infrastructures, annule les congés des policiers… mais laisse une milice civile dicter le rythme des expulsions. Une horde qu’on encourage, qu’on tolère, qu’on ne combat jamais vraiment.

L’ordre public s’effondre, et l’État regarde ailleurs. La plupart des Sud-Africains ne pensent probablement pas que leurs voisins africains sont la cause de tous leurs maux. Il faut l’espérer, en tout cas. Mais ce silence assourdissant de la majorité pèse aussi lourd que les cris de ceux qui frappent.

Même le roi zoulou Misuzulu kaZwelithini appelle à des « manifestations pacifiques »… tout en disant qu’il veut voir partir les migrants en situation irrégulière. Drôle de conception de la paix. Regardez simplement l’équipe des Bafana Bafana qui a représenté l’Afrique du Sud au Mondial 2026. Cherchez un seul visage blanc. Vous ne le trouverez pas.

L’Afrique du Sud arc-en-ciel reste un pays qui se raconte une belle histoire d’unité qu’il n’a jamais vraiment achevée. La ségrégation a simplement changé de vocabulaire. La logique, elle, est restée la même. 2008 : 62 morts. 2015 : nouvelles flambées. 2019 : pillages à Johannesburg. Et aujourd’hui, en 2026, la campagne la plus organisée qu’on ait jamais vue, selon les chercheurs de l’université de Witwatersrand. On n’a rien appris.

Le gouvernement, lui, rejette en bloc les accusations de xénophobie et renvoie la balle aux pays d’origine : « Réglez vos problèmes chez vous ». C’est commode. Pretoria externalise sa propre faillite. Et le reste du continent regarde. En silence. Aucun sommet d’urgence. Aucune sanction. Aucune parole forte.

Le silence des chancelleries africaines face à des ressortissants chassés, battus, parfois tués, en dit long sur la fameuse « solidarité continentale ». Mandela est mort en 2013. 13 ans plus tard, son pays cherche encore qui il est vraiment.

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