Mali : Bamako gracie un agent français de la DGSE
Le Mali a accordé une grâce présidentielle à un agent français de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) condamné à 20 ans de réclusion pour « conspiration contre les institutions », dans un geste interprété comme un signe d’apaisement envers la France après plusieurs années de relations diplomatiques particulièrement tendues. L’annonce a été faite jeudi 13 août par les autorités de transition, qui précisent que cette mesure s’accompagne de « l’éloignement immédiat » de l’intéressé du territoire malien.
Le militaire français, officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako, avait été arrêté le 13 août 2025 avec plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa). À l’issue de son procès, en juin dernier, il avait été reconnu coupable de conspiration contre les institutions de l’État et condamné à vingt ans de prison. Les autorités maliennes insistent toutefois sur le fait que cette grâce présidentielle ne remet pas en cause la décision de justice, affirmant que l’intéressé a bénéficié d’un « procès équitable ».
Au moment de son arrestation, Paris avait rejeté les accusations, les qualifiant de « sans fondement ». Le ministère français des Affaires étrangères soutenait que l’officier accomplissait une mission de coopération sécuritaire et niait toute implication dans une quelconque tentative de déstabilisation du Mali. Cette affaire avait aggravé les tensions bilatérales, conduisant notamment la France à suspendre sa coopération antiterroriste avec Bamako et à expulser deux diplomates maliens.
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L’intervention d’un « pays frère »
Le gouvernement malien a également salué l’intervention discrète d’un « pays frère », sans le nommer, dont la médiation aurait contribué à l’obtention de cette grâce. Selon des informations rapportées par Le Monde, le Maroc aurait facilité les discussions. Rabat avait déjà joué un rôle similaire dans la libération de plusieurs agents français détenus au Burkina Faso.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les autorités de transition. Depuis l’offensive coordonnée lancée fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), la pression militaire s’est intensifiée dans le nord du pays. Jeudi, l’armée malienne a annoncé la libération de 82 soldats retenus prisonniers par ces groupes armés, grâce à une médiation attribuée à l’Algérie.
Dirigé par une junte militaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le Mali a progressivement rompu avec son ancien partenaire français au profit d’un rapprochement avec la Russie. Le retrait des forces françaises en 2022 avait marqué un tournant dans cette relation. La grâce accordée à l’agent français pourrait néanmoins constituer un premier signal de détente, alors que Bamako multiplie parallèlement les initiatives diplomatiques avec plusieurs partenaires régionaux.