Tanzanie-Russie : Samia Suluhu Hassan à Moscou pour relancer les liens
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan effectuera du 3 au 5 juin une visite officielle en Russie, une première pour un chef d’État tanzanien depuis plus d’un demi-siècle. Le dernier déplacement de ce niveau remonte à 1969, lorsque Julius Nyerere s’était rendu en Union soviétique.
Ce voyage à Moscou, présenté comme centré sur le renforcement des liens économiques bilatéraux, pourrait déboucher sur des accords dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, les mines, l’agriculture, les infrastructures et les transports. La cheffe de l’État tanzanien doit également participer au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.
La visite intervient toutefois dans un contexte diplomatique tendu. Depuis les élections d’octobre 2025 et les violences qui ont suivi, les États-Unis, plusieurs pays européens et l’Union européenne ont accru la pression sur Dar es-Salaam, en dénonçant des atteintes présumées aux droits humains. À Washington, des élus ont récemment appelé à un réexamen de la relation bilatérale.
Pour le chercheur Alex Vines, du Conseil européen des relations internationales, le calendrier de ce déplacement n’est pas anodin, même s’il ne traduit pas nécessairement un bouleversement géopolitique majeur. Il estime que les Européens suivront de près les éventuelles annonces, alors que les États-Unis resteraient davantage concentrés sur la Chine que sur la Russie.
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Des relations anciennes
Du côté tanzanien, Thomas Kibwana, chercheur, rappelle que les relations avec Moscou sont anciennes. L’Union soviétique fut l’un des premiers États à reconnaître l’indépendance du Tanganyika, en 1961. Selon lui, il faut surtout voir dans ce déplacement une stratégie de diversification des partenariats, et non un basculement vers la Russie.
La Russie affirme disposer d’environ 400 millions de dollars d’investissements en Tanzanie, répartis dans 44 projets, avec près de 3.000 emplois créés, selon ce chercheur. Moscou est notamment présente dans le secteur minier, y compris sur des projets liés au lithium.
La visite sera enfin marquée par l’attribution à Samia Suluhu Hassan d’une distinction honorifique par une université russe, présentée comme une reconnaissance de son action diplomatique. Une annonce qui suscite déjà de nombreuses réactions, sur fond de critiques occidentales persistantes.