Algérie : six membres présumés du MAK arrêtés avant les législatives
Les autorités algériennes ont annoncé l’arrestation de six personnes présentées comme membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), accusées d’avoir projeté de perturber les élections législatives organisées le 2 juillet. L’annonce a été faite mercredi par le ministère algérien de la Défense, qui qualifie le groupe de « criminel » et affirme que son démantèlement est le résultat d’une opération menée par les services centraux de sécurité de l’armée.
Selon le communiqué officiel, les six individus auraient eu pour objectif d’empêcher les citoyens de participer au scrutin législatif. Les autorités soutiennent que quatre des personnes interpellées sont de nationalité marocaine et séjournaient illégalement en Algérie. Aucun nom n’a été communiqué et le ministère n’a fourni aucun élément supplémentaire sur les circonstances de leur arrestation, les preuves recueillies ou les actes qui leur sont précisément reprochés.
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« Des plans criminels »
Le ministère de la Défense affirme que cette opération illustre la vigilance des services de sécurité face aux « plans criminels » visant, selon lui, à porter atteinte à la sécurité et à la stabilité du pays. Les autorités n’ont toutefois pas détaillé la nature des actions qui auraient été envisagées pour perturber le scrutin.
À ce stade, le Maroc n’a pas réagi officiellement aux accusations concernant les quatre ressortissants marocains mentionnés dans le communiqué algérien. Les relations entre le Maroc et l’Algérie demeurent marquées par de fortes tensions diplomatiques depuis la rupture de leurs relations en août 2021, chaque partie s’accusant régulièrement d’ingérences ou d’atteintes à sa sécurité nationale.
Le MAK est un mouvement fondé en 2001 qui milite pour l’autodétermination de la Kabylie et revendique la création d’un État kabyle indépendant. Les autorités algériennes l’ont inscrit sur leur liste des organisations terroristes en 2021, une qualification que le mouvement rejette. Sa direction est installée en France et ses responsables ont proclamé, en décembre 2025 à Paris, la création symbolique d’une « République kabyle ».
En Kabylie, les revendications culturelles et linguistiques bénéficient d’un ancrage historique. Toutefois, de nombreux habitants de la région, notamment à Tizi Ouzou, affirment ne pas soutenir les ambitions indépendantistes du MAK. Les autorités algériennes poursuivent néanmoins une politique de fermeté à l’égard du mouvement, qu’elles considèrent comme une menace pour l’intégrité territoriale du pays.