Tanzanie : une élection historique entachée de répression et de contestations

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L'élection présidentielle la plus sanglante d'Afrique ?Image d'illustration © DR
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Ce lundi 3 novembre 2025, Samia Suluhu Hassan est devenue officiellement présidente de Tanzanie, exerçant pour la première fois ce poste en tant qu’élue. Selon plusieurs sources, cette élection aurait entraîné des centaines de morts, des détentions arbitraires, des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires, marquant l’un des événements les plus inédits de l’histoire africaine.

Il convient de rappeler que Suluhu Hassan avait accédé à la présidence dès 2021, à la suite du décès de son prédécesseur, John Pombe Magufuli. Dans un premier temps, la population s’était enthousiasmée, appréciant son assouplissement des restrictions imposées par Magufuli, mais le désenchantement est survenu lorsque « Mama Samia », comme la surnomment ses partisans, a été accusée de réprimer ses détracteurs.

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La cérémonie de proclamation de Samia Suluhu Hassan s’est tenue dans un espace évoquant un terrain de parade militaire à Dodoma, la capitale, où elle a juré de « remplir ses fonctions avec diligence et cœur sincère ». Selon la commission électorale, la nouvelle présidente a obtenu 97,66% des voix, un score que l’opposition a qualifié de « parodie de démocratie ». Elle a également dénoncé de graves irrégularités, notamment concernant le taux de participation.

Des accusations d’usage de force, de répression et de violations de droits humains soupçonnés

Pour autant, les accusations les plus graves contre la présidente et le nouveau régime concernent le niveau élevé de violence : des manifestants anti-Hassan auraient été réprimés dans le sang, accompagnés d’une coupure d’internet à l’échelle nationale pour empêcher la diffusion de preuves visuelles. Malgré cela, des photos et vidéos de victimes empilées les unes sur les autres ont fuité. Plusieurs sources crédibles, dont l’AFP, évoquent des centaines, voire des milliers de morts.

Amnesty International dénonce toutes les violences commises, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, réclame une enquête minutieuse sur les événements, et le pape Léon XIV invite les croyants à prier pour la Tanzanie.

Pour sa part, le gouvernement tanzanien nie toute violence. « Il n’y a eu aucun usage excessif de la force », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Thabit Kombo, ajoutant : « Je n’ai pas constaté ces 700 morts ».

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