Sénégal et Sonko, une affaire de légitimité

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Sénégal : Ousmane Sonko en route vers la présidence de l’AssembléeOusmane Sonko, ex-premier ministre du Sénégal © DR
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La présidentielle de 2029 pointe déjà son nez au Sénégal. La réforme électorale adoptée le 28 avril par l’Assemblée nationale remet sur la table la problématique des garanties. Le texte, approuvé par 128 députés contre 11, avec deux abstentions, revoit notamment les règles d’inéligibilité. En gros, ce que ça veut dire, c’est qu’Ousmane Sonko peut tout à fait revenir dans la course, lui qui avait été écarté de la présidentielle de 2024 après sa condamnation.

Pour le gouvernement et sa majorité, il s’agit avant tout d’une mise à plat du droit électoral. Celui-ci voudrait clarifier des dispositions jugées floues et encadrer plus strictement les exclusions, notamment en les limitant dans le temps. L’opposition, elle, dénonce une réforme taillée sur mesure, adoptée dans l’urgence, dans un contexte où les relations entre justice, pouvoir et mobilisation populaire restent extrêmement tendues après plusieurs épisodes préélectoraux agités.

Mais kesako cette réforme ?

Concrètement, le texte modifie les conditions d’inscription sur les listes électorales et les motifs d’inéligibilité. Désormais, seules certaines condamnations pour des infractions jugées graves (viol, détournement de fonds publics, corruption, blanchiment ou faux…) peuvent entraîner une exclusion, à condition qu’elles aient donné lieu à une peine de prison de plus d’un mois. D’ailleurs, l’inéligibilité n’est plus permanente elle est désormais limitée à cinq ans après la fin de la peine.

La réforme supprime également une disposition controversée qui prévoyait une exclusion automatique en cas d’amende élevée, critiquée pour son caractère disproportionné. Mais c’est surtout l’application de ces nouvelles règles à des situations passées qui augmente les tensions. Pour ses détracteurs, la loi vient directement influer sur le rapport de forces politique.

D’un côté, le cadre électoral est plus lisible et peut rassurer. De l’autre, la réforme peut être perçue comme partisane et pourrait raviver les tensions politiques.

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