En Ouganda, le sort encore flou des migrants expulsés des États-Unis

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MigrantsExpulsions de migrants par les États-Unis. © DR
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En Ouganda, plusieurs migrants expulsés des États-Unis ont regagné le pays ces derniers mois dans une grande discrétion, au moment où Washington durcit sa politique d’éloignement des étrangers en situation irrégulière. À leur arrivée à l’aéroport d’Entebbe, ces ressortissants ougandais ont été remis aux services d’immigration puis relâchés, sans annonce publique détaillée sur leur nombre exact ni sur les conditions de leur réinsertion.

Selon des informations concordantes, nombre d’entre eux se retrouvent aujourd’hui dans une situation précaire, entre absence de revenus, difficultés administratives et rupture avec leur entourage après de longues années passées à l’étranger. Des avocats et des organisations de défense des droits estiment que plusieurs expulsions ont été menées après des procédures contestées, et certains dossiers font désormais l’objet de recours pour obtenir un réexamen ou dénoncer d’éventuelles atteintes aux garanties juridiques.

En Ouganda, quelles perspectives pour les migrants expulsés ?

Le principal enjeu concerne désormais leur prise en charge après le retour. En l’absence de programme public structuré de réintégration, les personnes concernées doivent souvent compter sur leur famille, quand celle-ci est encore en mesure de les accueillir. Pour certains, le retour signifie aussi une stigmatisation sociale, surtout lorsque l’expulsion intervient après plusieurs années de vie aux États-Unis et s’accompagne d’un fort endettement lié au parcours migratoire.

Cette situation s’inscrit dans un contexte continental plus large. Plusieurs pays africains font face à une hausse des retours forcés depuis l’Amérique du Nord, l’Europe ou le Moyen-Orient, sans disposer de dispositifs suffisants pour l’accompagnement psychologique, juridique et économique des personnes concernées. L’Union africaine plaide depuis plusieurs années pour une gouvernance migratoire plus coordonnée, centrée à la fois sur la protection des droits et sur la réinsertion, tandis que les communautés économiques régionales appellent à mieux partager les données sur les flux de retour.

En Ouganda, les débats se concentrent aussi sur la transparence des autorités et sur le suivi concret de ces retours. Les défenseurs des personnes expulsées réclament des chiffres officiels, un accès facilité à l’assistance juridique et des mesures de soutien à l’emploi afin d’éviter que ces retours ne débouchent sur une nouvelle marginalisation. Au-delà des cas individuels, le dossier illustre la vulnérabilité croissante des migrants africains confrontés au durcissement des politiques migratoires internationales et pose la question de la capacité des États du continent à transformer un retour contraint en véritable relance sociale et économique.

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