L’Afrique du Sud lance un appel pour produire localement le lénacapavir, injection préventive contre le VIH

Temps de lecture :
VIH : l’Afrique se relève et réinvente la lutte dans un contexte mondial en ruptureUn ruban rouge, emblème de la Journée mondiale du sida (illustration) © DR
A A A A A

Le gouvernement sud-africain a annoncé le 5 mars 2026 le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt visant à identifier des fabricants locaux capables de produire le lénacapavir injectable, un antirétroviral à action prolongée destiné à la prévention du VIH. L’initiative, coordonnée par l’Afrique du Sud et la société américaine Gilead Sciences, s’inscrit dans un partenariat technique soutenu.

Lancé par le South African National AIDS Council (SANAC), l’appel vise à évaluer les capacités techniques et réglementaires d’industriels pharmaceutiques nationaux capables d’assurer la fabrication du principe actif (API) et du produit fini injectable, dans le but d’obtenir, le cas échéant, une licence volontaire de la firme d’origine. Ce mécanisme, soutenu par un comité ad hoc multilatéral et des partenaires régionaux, a pour objectif de rapprocher la production des populations les plus exposées et d’accroître la résilience des chaînes d’approvisionnement en Afrique subsaharienne.

Lire aussi : Droits des femmes : l’ALCS lance CHAMS, un programme de prévention du VIH et de lutte contre les violences

Une production plus proche des besoins

Le lénacapavir, développé par Gilead Sciences, est présenté comme une avancée majeure. Administré en deux injections par an, il a montré une forte efficacité dans la prévention de la transmission du VIH et suscite l’espoir d’un outil complémentaire aux méthodes existantes. En octobre 2024, Gilead avait déjà consenti six licences volontaires à des fabricants d’Égypte, d’Inde et du Pakistan pour approvisionner 120 pays à faible ou moyen revenu ; l’initiative sud-africaine vise à ajouter une autorisation supplémentaire localisée sur le continent.

Les autorités mettent en avant des retombées industrielles et sanitaires : production plus proche des besoins, approvisionnement plus prévisible, renforcement des compétences locales et création d’emplois qualifiés. Ces arguments ont été soulignés par des dirigeants africains réunis autour du projet, qui y voient une étape vers la souveraineté sanitaire et la réduction des inégalités d’accès aux innovations.

Des voix institutionnelles africaines ont également salué l’initiative. Le président kényan William Samoei Ruto a encouragé la production locale pour réduire la dépendance aux importations, tandis que le directeur général des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies, Jean Kaseya, et la directrice générale de l’Agence africaine du médicament, Delese Mimi Darko, ont rappelé l’importance d’un encadrement réglementaire harmonisé pour garantir qualité et sécurité. Le secrétariat de la SADC a, de son côté, évoqué la possibilité d’achats groupés régionaux pour réduire les coûts.

Recommandé pour vous

Niger : tirs prolongés près de l’aéroport de Niamey, suspicion d’attaque terroriste

Des tirs ont visé jeudi matin les abords de l’aéroport de Niamey, suggérant une possible attaque terroriste dans un contexte sécuritaire très tendu au Niger.

RDC : l’épidémie d’Ebola pourrait encore durer un an

En RDC, l’épidémie d’Ebola pourrait durer encore un an et son pic reste à venir. Découvrez les raisons de cette alerte sanitaire.

Le Lenacapavir déjà sous tension face à la demande en Afrique

Le Lenacapavir manque déjà dans certaines zones d’Afrique. Découvrez pourquoi la demande dépasse l’offre et quels publics restent en marge.

Tunisie : les prix des oeufs poursuivent leur baisse

En Tunisie, les prix des œufs chutent depuis Ramadan. Une crise qui fragilise les producteurs et relance le débat sur la régulation.

Un plan conjoint face à l’épidémie d’Ebola en Afrique

Un plan conjoint de 518 millions de dollars a été lancé pour lutter contre Ebola en Afrique via la prévention, la détection et la riposte rapide.

Géopolitique et médias : l’Afrique veut écrire son histoire

Le FOPAME de Bamako appelle les médias africains à renforcer leur souveraineté informationnelle, à innover sur le plan numérique et à unir leurs efforts.
pub