La Déclaration d’Alger trace la voie d’une régulation numérique africaine

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La Déclaration d’Alger trace la voie d’une régulation numérique africainePhoto prise lors de la 4ᵉ Conférence africaine des start-up, organisée du 6 au 8 décembre 2025 à Alger © DR
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La montée en puissance des services numériques en Afrique fait émerger des défis majeurs : gouvernance des données, prolifération des contenus trompeurs, absence d’un cadre clair pour les plateformes étrangères. Pour éviter une mosaïque de législations qui affaiblirait sa position, le continent s’oriente vers une approche harmonisée capable de défendre ses intérêts stratégiques.

Lors de la 4ᵉ Conférence africaine des start-up, organisée du 6 au 8 décembre 2025 à Alger, les ministres en charge du numérique, des télécommunications et des TIC ont entériné la Déclaration d’Alger pour des plateformes numériques fiables et responsables en Afrique. Porté par l’Union africaine des télécommunications (UAT), le document jette les bases d’un futur système continental destiné à encadrer les plateformes OTT, ces services en ligne qui diffusent contenus et échanges en contournant les réseaux classiques. Le texte doit désormais être soumis à l’Union africaine pour validation début 2026.

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Renforcer le rapport de force avec les géants du numérique

Les services OTT (réseaux sociaux, streaming, messageries instantanées ou solutions d’IA) absorbent une part croissante de la valeur générée sur les marchés africains, tout en demeurant soumis aux règles des pays où ils sont basés. Un déséquilibre dénoncé depuis longtemps par les opérateurs télécoms africains, qui supportent l’essentiel des investissements dans les infrastructures.

Lire aussi : Data centers en Afrique : la demande pourrait tripler d’ici à 2030

La Déclaration d’Alger ambitionne ainsi de bâtir une voix commune. « L’Afrique ne veut plus être un simple consommateur ou un réservoir de données sans contreparties », a affirmé le ministre algérien des TIC, Sid Ali Zerrouki. Le SG de l’UAT, John Omo, a lui insisté sur la nécessité d’examiner les bénéfices réellement tirés par le continent et de définir ensemble l’avenir de la circulation des données.

Parmi les principes dégagés : coordination des négociations avec les plateformes internationales, contribution au financement des réseaux africains, développement des compétences locales et renforcement des standards de protection des données. Le texte rappelle aussi l’importance d’encadrer les usages de l’IA et de lutter contre la désinformation, tout en préservant la liberté d’expression.

Quels bénéfices pour les écosystèmes africains ?

La Déclaration s’inscrit dans un cadre plus large de normes continentales en matière de cybersécurité et de gouvernance numérique. Elle pourrait également ouvrir des perspectives pour les jeunes entreprises africaines, à condition que les obligations imposées aux géants numériques soient adaptées à la taille des acteurs.

La prochaine étape aura lieu à Addis-Abeba, où ce cadre devra être politiquement entériné avant d’être décliné en règles contraignantes. Une étape décisive pour transformer cette dynamique collective en véritable régulation.

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