Cameroun : l’économie paralysée par les violences post‑électorales

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Cameroun : l’économie paralysée par les violences post‑électoralesDes forces de sécurité patrouillent dans les quartiers de Douala, tandis que l'opposition conteste la victoire du président Paul Biya, annoncée par le Conseil constitutionnel, au Cameroun, le 28 octobre 2025. © Zohra Bensemra / Reuters
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Depuis l’annonce des résultats de l’élection présidentielle au Cameroun, la tension politique a plongé le pays dans une quasi-paralysie économique. Les affrontements et violences survenus après la proclamation de la victoire de Paul Biya par le Conseil constitutionnel, le 28 octobre, ont entraîné la fermeture de la majorité des entreprises et un arrêt quasi total des transports.

À Douala, les forces de sécurité patrouillent dans des rues désertes, tandis que les stations-service incendiées et les commerces fermés témoignent d’un climat de peur. Les transporteurs, pour la plupart originaires du nord du pays, ont suspendu leurs activités par crainte pour leur sécurité.

Cette situation fait craindre une crise d’approvisionnement. Al Hadji Djika, président de l’intersyndicale Union pour le transport, alerte : « Si la situation perdure, il y aura forcément des pénuries, à commencer par le carburant, puis les denrées de première nécessité. Nous conseillons aux transporteurs de mettre leurs camions à l’abri en attendant que les choses se calmen. ».

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Les entreprises à bout de souffle

Les chefs d’entreprise camerounais tirent la sonnette d’alarme face à une conjoncture déjà fragilisée avant le scrutin. Zephirin Jiogo, directeur général de Digital Mobility, une startup spécialisée dans le transport et les livraisons, témoigne : « C’est un désastre, surtout pour les petites structures. Le tissu des PME était déjà très fragile. Aujourd’hui, tout est à l’arrêt. Nos employés et partenaires sont dans une grande inquiétude. Impossible d’assurer les livraisons, et nos chauffeurs, déjà précaires, perdent leur principale source de revenu ».

Les entreprises, disposant de peu de trésorerie, redoutent désormais des défauts de paiement massifs. Un représentant du patronat prévient : « Si la situation se prolonge, les défauts de paiement arriveront très vit ».

Entre tensions politiques, paralysie économique et risque de crise sociale, le Cameroun traverse un moment de grande incertitude. Les acteurs économiques appellent les autorités et les forces politiques à rétablir le calme afin d’éviter un effondrement durable de l’activité.

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