S&P global ratings abaisse de nouveau la note du Sénégal

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S&P global ratings abaisse de nouveau la note du SénégalS&P, agence de notation américaine, publie des recherches et des analyses financières sur les actions, les obligations et les matières premières. Son siège est à New York © DR
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L’agence internationale de notation S&P global ratings a rétrogradé la note de crédit souveraine du Sénégal de « B » à « B- », assortie d’une perspective négative. Cette décision reflète une perte de confiance liée à une détérioration accélérée des finances publiques du pays. Les nouvelles autorités sénégalaises avaient demandé un audit des comptes publiques réalisé par le cabinet Mazars. Ce dernier a découvert une dette cachée de plus de 8.300 milliards FCFA (près de 14,8 milliards de dollars). Ces passifs non comptabilisés, contractés sous forme de crédits extérieurs, portent désormais la dette totale du Sénégal à environ 118% du PIB, selon S&P, contre 104% estimés en février.

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Cette révision fait exploser les besoins de financement, qui atteindraient 5.700 milliards FCFA en 2025, soit 26% du PIB, un niveau historiquement élevé. Quant au service de la dette, il devrait grimper à 8.800 milliards FCFA en 2026 dont plus de la moitié en dette extérieure. Face à ces chiffres vertigineux, Dakar apparaît comme un emprunteur nettement plus risqué, avec des marges de manœuvre budgétaires considérablement réduites.

Un espoir de redressement sous conditions

Pour sa part , le Sénégal, à travers son ministère des Finances et du Budget, dit prendre acte de cette décision et tient à réaffirmer son engagement en faveur de la transparence budgétaire et à rassurer l’ensemble de ses partenaires sur la capacité de l’État à faire face à ses engagements « qui n’est nullement » remise en cause par cette révision.

Le gouvernement table sur une croissance économique forte, portée par les débuts de production pétrolière et gazière à Sangomar et GTA, avec une prévision de croissance de 8% en 2025. Cependant, S&P reste prudente et anticipe un déficit budgétaire de 8,9%, contre les 7,8% visés par les autorités. Sans compter le paiement des arriérés au secteur privé, qui représentent encore 2% du PIB.

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Pour tenter de rétablir l’équilibre, des mesures d’austérité et une réforme du Code général des impôts sont envisagées pour 2026. Mais leur mise en œuvre reste incertaine dans un climat politique sous tension. Heureusement, l’ancrage régional du Sénégal au sein de l’UEMOA lui offre un filet de sécurité grâce aux réserves de change de la BCEAO, et les émissions de dette domestique continuent de trouver preneur. Des discussions sont aussi en cours avec le FMI pour un nouveau programme de soutien. Mais en l’absence de mesures rapides et efficaces, le risque d’une nouvelle dégradation de la note souveraine reste bien réel.

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