Sahara : la Colombie rétablit ses relations diplomatiques avec le Polisario

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Le nouveau président colombien de gauche radicale, Gustavo Petro © DRLe nouveau président colombien de gauche radicale, Gustavo Petro © DR
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Nouvellement investi, le président colombien de gauche radicale, Gustavo Petro, a décidé de reprendre les relations diplomatiques entre son pays et le Polisario, gelées depuis 2001 sous le président conservateur, Andrés Pastrana. Par cette décision, la Colombie s’ajoute à d’autres pays du continent ayant récemment rétabli leurs relations avec le front séparatiste, notamment le Honduras, le Pérou et la Bolivie. Détails.

À peine investi ce dimanche 7 août, le président colombien de gauche radicale, Gustavo Pedro, a décidé de rétablir ses relations diplomatiques avec le mouvement séparatiste de sa pseudo « République arabe sahraouie démocratique (RASD) ». C’est l’une des premières décisions du nouveau président colombien en termes de relations internationales de son pays.

L’investiture de ce dernier s’est déroulée en présence du président de l’Assemblée populaire nationale d’Algérie, Brahim Boughali, pays hôte du Polisario.

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Rétablissement des relations diplomatiques entre la Colombie et le Polisario

«Le gouvernement de la République de Colombie, inspiré par les principes et les buts de la Charte des Nations Unies réaffirme la validité de la déclaration conjointe signée avec le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique le 27 février 1985», annonce un communiqué du nouveau gouvernement colombien, publié dans la soirée du mercredi 10 août.

Cette reprise des relations diplomatiques intervient suite à la réunion de Gustavo Petro avec le soi-disant « ministre des Affaires étrangères » du Polisario, Mohamed Salem Ould Salek. Une rencontre à laquelle ont assisté la vice-ministre des Affaires étrangères de la Colombie, Laura Gil, ainsi que le représentant du front séparatiste en Amérique latine, Mohamed Zrug, d’après l’agence de presse espagnole EFE.

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Rétropédalage des autorités colombiennes

Cette nouvelle décision est donc un rétropédalage des autorités colombiennes. En octobre 2021, ces dernières avaient annoncé que «la juridiction consulaire de leur ambassade au Royaume s’étend désormais sur tout le territoire marocain, incluant le Sahara».

L’annonce avait fait le tour des médias nationaux et internationaux et avait été considérée comme une reconnaissance de la Colombie de la marocanité du Sahara. Néanmoins, Bogota a publié par la suite une mise au point indiquant qu’elle maintenait «sa position historique de soutien aux différentes résolutions du Conseil de sécurité, qui reconnaissent les efforts du Maroc dans la recherche d’une solution politique, pragmatique, réaliste et durable à ce différend, sous les auspices exclusifs de l’ONU».

Lire aussi : Maroc-Colombie : vers une consolidation de la coopération bilatérale

Notons que le Maroc et la Colombie avaient décidé d’ouvrir les frontières de part et d’autre aux ressortissants des deux pays en supprimant les visas pour les titulaires de passeports. Une décision qui a été prise dans le cadre de la visite qu’a effectuée au Maroc, en octobre 2021, la vice-présidente et ministre des Relations extérieures de Colombie, Marta Lucia Ramirez.

Pour rappel, la Colombie et les séparatistes avaient établi des relations diplomatiques en 1985, sous le gouvernement de Belisario Betancur. Ces relations avaient été gelées en 2001 sous la présidence d’Andrés Pastrana avant d’être rétablies par Gustavo Pedro.

Plusieurs autres pays de l’Amérique latine ont aussi rétabli leurs relations avec le Polisario, à commencer par le Pérou. Ce dernier avait brièvement suspendu ses liens avec la pseudo RASD en 1996, sous l’initiative du président Alberto Fujimori, avant de les reprendre en 2021. Puis, le Honduras et la Bolivie se sont ajoutés au Pérou ces derniers mois.

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