Sommet Russie-Afrique : l’UA demande des retombées concrètes
Participation de Fatima Ezzahra El Mansouri au Sommet Russie-Afrique à Moscou, le 29 octobre 2026 © DR Le sommet Russie-Afrique s’est ouvert les 28 et 29 octobre à Moscou, en Russie, avec la participation de représentants de 48 pays africains, dont 22 chefs d’Etat. Vladimir Poutine y a affiché sa volonté d’élargir les échanges économiques, technologiques et politiques avec le continent, tandis que l’Union africaine, présidée cette année par le Burundais Evariste Ndayishimiye, a insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats mesurables.
Au cours de la première journée, les discussions ont surtout porté sur le commerce, l’investissement, la sécurité alimentaire, la santé et l’accès aux technologies. Moscou met en avant une progression des échanges commerciaux avec l’Afrique, passés de 18 milliards de dollars en 2022 à plus de 27 milliards de dollars en 2025, soit environ 16.200 milliards de FCFA au taux indicatif de 600 FCFA pour un dollar, tout en affirmant vouloir encore doubler ce volume.
Le sommet Russie-Afrique confronté à l’exigence africaine de résultats
Malgré cette hausse, le niveau des échanges reste modeste au regard du poids d’autres partenaires du continent, notamment la Chine, l’Union européenne, l’Inde, la Turquie ou les pays du Golfe. Surtout, les relations commerciales demeurent déséquilibrées, la Russie exportant nettement plus vers l’Afrique qu’elle n’y importe, alors que ses investissements directs restent limités dans la plupart des régions africaines.
C’est sur ce point que l’Union africaine a posé ses attentes. Evariste Ndayishimiye a appelé à transformer les promesses politiques et les accords signés en projets visibles, capables de soutenir l’industrialisation, l’emploi et le transfert de compétences. Une plateforme lancée ces derniers mois doit précisément accompagner les investisseurs russes et faciliter la concrétisation de projets sur le terrain, dans un contexte où l’UA cherche à diversifier les partenariats extérieurs sans dépendance excessive à un seul acteur.
Sommet Russie-Afrique : que vaut réellement l’offre de Moscou ?
En marge du forum, plusieurs entretiens bilatéraux ont illustré cette stratégie de ciblage sectoriel. L’Ethiopie, siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, a ainsi évoqué avec Moscou un renforcement de la coopération dans l’énergie, y compris le nucléaire civil, la santé et le commerce. Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent : les Etats africains cherchent des partenariats orientés vers les infrastructures, la souveraineté technologique et la transformation locale des économies, des priorités également soutenues par la Banque africaine de développement et la Zone de libre-échange continentale africaine. En toile de fond, la Russie tente aussi de consolider son influence diplomatique en défendant un ordre mondial dit multipolaire et une place accrue de l’Afrique dans les institutions financières internationales. Pour les délégations africaines, l’enjeu est moins le discours que la capacité du sommet Russie-Afrique à produire des financements, des usines, des chaînes logistiques et des partenariats durables.