Rupture entre les États-Unis et la Chine, une menace pour l’Afrique subsaharienne

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Rupture entre les États-Unis et la Chine, une menace pour l'Afrique subsaharienneImage d'illustration © DR
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L’Afrique subsaharienne risque d’être la région la plus touchée si le monde se divise en deux blocs commerciaux isolés : la Chine d’un côté et les États-Unis ainsi que l’Union européenne de l’autre. C’est ce que souligne une note d’analyse publiée le 1er mai par le Fonds monétaire international (FMI).

Selon cette note, les pays d’Afrique subsaharienne pourraient subir une hausse de prix à l’importation. Ils risquent aussi de perdre l’accès à leurs principaux marchés à l’exportation si ces tensions géopolitiques s’aggravent. Environ la moitié de la valeur du commerce de la région avec le reste du monde pourrait être affectée. Cela pourrait entraîner un déclin permanent allant jusqu’à 4% du produit intérieur brut (PIB) réel après 10 ans d’une éventuelle rupture entre Washington et Pékin.

Interruption des mouvements de capitaux

Les économistes du FMI révèlent également que les pertes pourraient être exacerbées en cas d’interruption des mouvements de capitaux entre les blocs commerciaux. Dans ce cas, la région pourrait perdre environ 10 milliards de dollars d’entrées d’investissements directs étrangers (IDE) et d’aide publique au développement, soit environ 0,5% de son PIB par an. La baisse des IDE à long terme pourrait aussi entraver les transferts de technologie dont la région a besoin.

Pour les pays du continent qui cherchent à restructurer leur dette, l’accentuation de la «fragmentation géoéconomique» pourrait amplifier les problèmes de coordination entre leurs créanciers.

Les recommandations du FMI

Face à cette situation, le FMI recommande aux pays d’Afrique subsaharienne de renforcer leur résilience aux chocs. Il propose d’intensifier l’intégration commerciale régionale en cours dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cela implique la réduction des barrières commerciales tarifaires et non tarifaires, le renforcement de l’efficacité des douanes, l’exploitation de la dématérialisation et le comblement des lacunes en matière d’infrastructures. L’approfondissement des marchés financiers intérieurs peut aussi élargir les sources de financement et atténuer la volatilité liée à une dépendance excessive à l’égard des entrées de capitaux étrangers.

Enfin, le FMI invite les pays de la région à identifier et développer les secteurs susceptibles de bénéficier de la réorientation des échanges et des IDE. À titre d’exemple, ses exportateurs de produits de base pourraient notamment supplanter la Russie dans une grande partie de sa part de marché en Europe, dans le domaine énergétique.

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