RDC : levée du premier eurobond à 1,25 milliard de dollars

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RDC : un nouveau partenariat de 11 milliards $ avec la BMDrapeau de la RDC © DR
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La République démocratique du Congo a franchi, jeudi 9 avril, une étape majeure sur les marchés internationaux en levant 1,25 milliard de dollars à l’occasion de sa toute première émission d’eurobonds. L’opération, structurée en deux tranches à cinq et dix ans, s’est conclue à des rendements jugés plutôt favorables pour un premier accès de Kinshasa à ce type de financement, avec une demande proche de 5 milliards de dollars, soit près de quatre fois le montant recherché.

Selon les informations communiquées par Rawbank, qui a accompagné l’opération aux côtés de Citigroup et de Standard Chartered Bank, l’émission a été placée en deux maturités, l’une à échéance 2032 avec un rendement de 8,75%, l’autre à échéance 2037 à 9,50%. La cotation est attendue au London Stock Exchange. Pour la banque congolaise, cette opération doit permettre de « positionner et valoriser le crédit de la RDC sur les marchés internationaux » et d’ouvrir la voie à d’autres financements extérieurs, y compris pour des émetteurs non souverains.

Le succès du placement est d’autant plus notable que la RDC s’est présentée devant les investisseurs avec un profil encore peu familier des marchés obligataires internationaux. Le pays, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre, sort de plus en plus du statut de simple économie frontalière à haut risque pour s’imposer comme un émetteur suivi de près, notamment en raison de son potentiel minier et de ses perspectives macroéconomiques. Dans le même temps, les rendements consentis sur cette première émission sont inférieurs à ceux observés récemment chez certains voisins africains plus expérimentés sur le marché de la dette internationale.

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Un coût de financement contenu

L’Angola, noté au même niveau que la RDC par Moody’s et S&P, a ainsi payé 9,5% lors de son retour sur le marché en juillet 2025. La République du Congo a, pour sa part, levé un eurobond à 9,875% en novembre 2025. Le Kenya avait dû offrir 10,375% sur un titre à sept ans en février 2024. Dans ce contexte, Kinshasa a obtenu un coût de financement relativement contenu pour un premier emprunt de cette nature, ce qui traduit une appréciation jugée solide du profil de crédit congolais par les investisseurs.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette réception favorable. D’abord, le niveau d’endettement public de la RDC demeure modéré par rapport à celui de nombreux pays africains. À fin 2025, le ratio dette publique/PIB du pays était estimé entre 18% et 22%, bien en dessous du niveau de la Zambie et nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette marge de manœuvre budgétaire constitue un argument de poids pour les créanciers, surtout dans un environnement où les investisseurs restent attentifs à la soutenabilité des finances publiques.

À cela s’ajoute la hausse des cours du cuivre et de l’or, qui a soutenu les recettes d’exportation du pays. Pour un émetteur comme la RDC, dont l’économie repose largement sur les matières premières, cette dynamique offre une forme de garantie indirecte aux yeux des marchés. Elle renforce la perception d’un profil de crédit adossé à des actifs naturels stratégiques, difficile à reproduire pour des économies africaines moins dotées en ressources minières.

Le contexte politique et diplomatique a également pu jouer en faveur de Kinshasa. En décembre 2025, la RDC a signé avec les États-Unis un accord bilatéral sur les minerais stratégiques, accordant à Washington un accès prioritaire à de futures concessions minières en échange d’un soutien diplomatique et sécuritaire face à l’insurrection du M23 dans l’est du pays. Cette évolution a contribué à améliorer le profil perçu du souverain auprès de certaines agences et investisseurs. S&P Global a d’ailleurs relevé cette année la perspective souveraine de la RDC à positive, en citant ce rapprochement.

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