Nigeria : Bola Tinubu suspend le gouverneur de l’Etat de Rivers pour six mois

Temps de lecture :
Travel Ban : le Nigeria charme Donald Trump avec ses métaux raresBola Tinubu, président du Nigeria © DR
A A A A A

Le gouverneur de l’Etat de Rivers, Siminalayi Fubara, a été suspendu par le président nigérian Bola Tinubu pour une durée de six mois.  Cette décision s’accompagne de la nomination du vice-amiral à la retraite, Ibok-Ete Ibas, en tant qu’administrateur de l’Etat, chargé de superviser la gouvernance pendant cette période.

Cette annonce intervient dans un contexte politique tendu. Avec la suspension de tous les élus, l’Etat de Rivers est placé sous le contrôle du gouvernement fédéral. Le gouverneur est accusé d’avoir démoli le siège de l’Assemblée de l’Etat sans le reconstruire, paralysant ainsi le fonctionnement du pouvoir législatif.

Lire aussi Nigeria : une explosion sur un oléoduc majeur menace l’industrie pétrolière

Suite à ces évènements, la Cour suprême avait rendu, le 28 février, un jugement affirmant que la dissolution de facto du pouvoir législatif par le gouverneur constituait une violation grave de la Constitution. Elle a également ordonné la reprise des travaux de l’Assemblée et l’adoption d’un budget, des directives qui n’ont pas encore été appliquées.

L’Etat de Rivers sur le qui-vive

La situation avait tourné à l’affrontement entre les militants du gouverneur et ceux de son prédécesseur, Nyesom Wike. Ce qui a occasionné des actes de vandalisme. Face à ces troubles, le président Tinubu a ordonné aux forces de l’ordre d’intervenir pour assurer la protection des populations et des infrastructures stratégiques. L’Etat de Rivers situé dans la région du delta du Niger est riche en pétrole.

Lire aussi : L’impact du gazoduc Maroc-Nigeria sur le secteur de l’énergie en Afrique

La suspension du gouverneur et des parlementaires a suscité un vif débat. Le chef de l’opposition, Peter Obi, la juge anticonstitutionnelle. Des experts soulignent le flou juridique entourant le pouvoir présidentiel en la matière, offrant au président une marge de manœuvre importante, a rapporté l’AFP.

Des manifestations sporadiques ont été rapportées, les rues de Port Harcourt, la capitale régionale, restent sous tension. De nombreux habitants dénoncent une prise de position en faveur de Nyesom Wike, proche du président Bola Tinubu.

Pour rappel, le conflit a éclaté fin 2023 lorsque Siminalayi Fubara, soutenu par Nyesom Wike pour lui succéder, a tenté de s’émanciper politiquement.

Recommandé pour vous

Soudan : pressions internationales pour reconnaître les responsables de la famine et des violences sexuelles

Politique - Vingt-neuf États occidentaux réclament des enquêtes indépendantes sur les violences, la famine et les agressions sexuelles au Soudan.

Libye : un « business » de l’exploitation des migrants dénoncé par l’ONU

Politique - Un rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme décrit en Libye un système d’abus institutionnalisés contre migrants et réfugiés.

L’ONU sollicite 1,6 milliard de dollars pour venir en aide aux réfugiés soudanais

Politique - Les Nations Unies lancent un appel de 1,6 milliard de dollars pour soutenir 5,9 millions de réfugiés du Soudan en 2026.

Niger : un haut responsable militaire évoque « une guerre avec la France », Paris dément

Politique - Lors d’un rassemblement organisé dans la capitale, le général Amadou Ibro a lancé des propos qui ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux : « sachez que nous allons entrer en guerre avec la France », a-t-il déclaré devant des milliers de jeunes, suscitant des applaudissements et des chants hostiles à l’égard de la France.

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.
pub