Marché du travail : un défi pressant pour la prochaine décennie

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travailleur africain informelPlombiers, carreleurs ou peintres en bâtiment attendent des opportunités d’emploi © AP/Sipa
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L’Afrique subsaharienne fait face à des défis persistants, avec des taux de chômage en augmentation. Entre 8 et 11 millions de jeunes entrent chaque année sur le marché du travail, alors que seuls 3 millions d’emplois salariés formels sont créés annuellement, relève la Banque mondiale. La croissance économique récente n’a pas réussi à dynamiser la création d’emplois, soulignant la nécessité impérieuse d’une réorientation stratégique. La prochaine décennie représente une opportunité cruciale pour des politiques axées sur la création d’emplois de qualité dans la région.

Alors que l’Organisation internationale du Travail (OIT) anticipait initialement une hausse de 3 millions de chômeurs en 2023, une révision de cette prévision apporte une lueur d’espoir avec une diminution attendue d’1 million de personnes au chômage. Cependant, cette embellie ne touche pas toutes les régions du globe, car le taux de chômage va continuer de se détériorer en Afrique, atteignant 11,2 % en Afrique du Nord (+0,3 point) et 6,3 % en Afrique subsaharienne (+0,6 point).

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Un rythme de croissance des emplois difficile à tenir

Les statistiques sur l’Afrique subsaharienne semblent déconnectées de la réalité. Malgré la présence de plusieurs pays ayant la croissance la plus dynamique au monde, l’impact positif sur le marché du travail tarde à se concrétiser. D’ici à 2050, la population en âge de travailler augmentera de 740 millions de personnes, représentant la croissance la plus rapide de toutes les régions du monde. Cela pose un défi colossal aux gouvernements, avec entre 8 et 11 millions de jeunes entrant chaque année sur le marché du travail, alors que seuls 3 millions d’emplois salariés formels sont créés annuellement.
Atteindre le taux d’emploi salarié moyen des pays à revenu intermédiaire supérieur (36%) exige une croissance annuelle de l’emploi salarié de 8,3 % en Afrique subsaharienne. Malheureusement, cette ambition se heurte au taux de croissance de l’emploi salarié, stagnant à 5,4 % au cours des deux dernières décennies. La croissance économique récente n’a pas réussi à dynamiser la création d’emplois pour la majorité, soulignant la nécessité impérieuse d’une réorientation stratégique.

Seulement un travailleur sur six en Afrique subsaharienne occupe un emploi salarié

Une précarité des emplois et des situations

L’absence de création d’emplois salariés robustes a engendré une prolifération d’emplois de mauvaise qualité. Sous-utilisation de la main-d’œuvre, conditions de travail instables, utilisation inefficace des compétences et manque d’équipements appropriés ont entraîné une baisse de la productivité et des gains pour les travailleurs. Cette réalité se traduit par des taux élevés de travail indépendant involontaire et une forte prévalence du secteur informel, positionnant l’Afrique subsaharienne en tant que leader mondial des taux d’emploi indépendant et d’emploi familial non rémunéré.

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Les implications économiques et sociales de cette réalité sont considérables. Actuellement, seulement un travailleur sur six en Afrique subsaharienne occupe un emploi salarié, comparé à un sur deux dans les pays à revenu élevé. Le rapport phare de la Banque mondiale « Jobs for Development » met en lumière que la faible connectivité des emplois aux entreprises entrave la croissance des compétences, limitant la capacité des travailleurs à tirer profit des économies d’échelle et des complémentarités de compétences.

La prochaine décennie représente une opportunité cruciale pour les décideurs politiques et les leaders économiques de concevoir des politiques orientées vers la création d’emplois de qualité, favorisant ainsi une croissance inclusive et durable dans la région subsaharienne de l’Afrique.

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