Mali : le Conseil national de la transition vote la charte des partis politiques

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Mali : un ressortissant français arrêté et de plusieurs militaires pour tentative de déstabilisationLe général Assimi Goita, Président du Comité National pour le Salut du Peuple au Mali, lors de son allucation à la nation pour le nouvel an 2024 © DR
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Le Conseil national de la transition (CNT) malien a voté le projet de loi visant à supprimer la charte des partis politiques avec 130 voix pour et deux abstentions. Cette charte a été initialement adoptée en 2005, elle encadrait la création, le fonctionnement et le financement des formations politiques. Son abrogation, qui attend encore d’être promulguée par le président de la transition, le général Assimi Goïta, est interprétée par de nombreux juristes comme une étape vers la dissolution pure et simple des partis. Il convient de signaler que les membres de ces institutions sont nommés par le régime militaire.

Cette décision fait suite à une concertation nationale tenue fin avril, largement dominée par les partisans du régime. Boycottée par la majorité des formations politiques, cette rencontre a recommandé non seulement la dissolution des partis, mais aussi le durcissement des conditions pour en créer de nouveaux. Plus inquiétante encore, une proposition a été faite pour proclamer Assimi Goïta président sans élection en 2025, pour un mandat de cinq ans renouvelables.

Lire aussi : Mali : les autorités suspendent « jusqu’à nouvel ordre » les activités des partis politiques

Le régime militaire avait déjà suspendu, quelques jours plus tôt, l’ensemble des activités politiques et associatives pour « raison d’ordre public », une mesure dénoncée comme une atteinte grave à la liberté d’expression et à la vie politique. Même si le gouvernement a tenté de rassurer en affirmant que l’abrogation ne remet pas en cause l’existence des partis. Toutefois, la dynamique actuelle va clairement dans le sens d’un rétrécissement de l’espace démocratique.

Face à cette situation, une partie de la population a décidé de réagir. Début mai, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Bamako, à l’appel d’une coalition de partis politiques, pour s’opposer à la dissolution annoncée et exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Ce sursaut de l’opposition, longtemps muselée par des menaces et des restrictions, marque peut-être un tournant décisif dans la lutte pour la démocratie au Mali.

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