L’Union africaine valide un mécanisme de stabilité financière

Temps de lecture :
Africa50 dépasse 1,4 milliard de dollars d’avoirs sous gestion en huit ansAdesina, président de la BAD. © DR
A A A A A

L’Union africaine (UA) a validé la création du mécanisme africain de stabilité financière (AFSM), une initiative soutenue par la Banque africaine de développement (BAD) visant à renforcer la stabilité financière du continent et à faciliter le refinancement de la dette des États, a indiqué un communiqué. Cette décision a été officialisée lors du sommet de l’UA à Addis-Abeba.

Selon le texte, l’AFSM répond aux besoins urgents de liquidités des pays africains, confrontés à une dette publique croissante. La BAD estime que ce mécanisme pourrait générer jusqu’à 20 milliards de dollars d’économies d’ici 2035.

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina a soutenu que « l’Afrique a besoin d’un filet de sécurité régional pour refinancer sa dette à grande échelle et à moindre coût ». La dette africaine a atteint des niveaux préoccupants, freinant les investissements dans les secteurs essentiels. Un rapport de l’ONU indique que le service de la dette extérieure du continent était de 89,4 milliards de dollars en 2024. Depuis 2010, la dette publique a presque doublé, en raison du recours accru aux emprunts non concessionnels.

Lire aussi : L’Afrique face au défi du service de la dette

Cette situation a conduit à plusieurs défauts de paiement et limite la capacité des pays à financer les Objectifs de développement durable (ODD). En 2022, 22 États africains ont alloué davantage de ressources au remboursement de la dette qu’à la santé, et six pays ont dépensé plus pour la dette que pour l’éducation.

Les besoins de refinancement de la dette africaine sont estimés à 10 milliards de dollars par an sur la prochaine décennie. L’accès aux marchés financiers internationaux demeure difficile, les pays africains étant confrontés à des coûts d’emprunt élevés en raison de la hausse des primes de risque et des taux d’intérêt.

Même si les contours techniques de l’AFSM restent à définir, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des outils financiers du continent. Elle vient compléter d’autres mesures telles que l’augmentation des droits de tirage spéciaux du FMI, l’amélioration des mécanismes de restructuration de la dette et la création d’une agence de notation africaine.

Recommandé pour vous

UE-Afrique : le cacao révèle les fragilités des échanges agroalimentaires au premier semestre 2026

Au 1er semestre 2026, les échanges agroalimentaires UE-Afrique évoluent en ordre dispersé : recul du cacao, Maroc en tête des débouchés africains et progression de l’Égypte.

Sénégal : le Pastef veut des clarifications sur la dette sénégalaise

Après l’accord avec le FMI, le Pastef exige plus de transparence sur la dette sénégalaise et ses effets possibles sur les ménages. A lire.

Ouganda : la production pétrolière attendue d’ici fin 2026

L’Ouganda annonce le lancement de sa production pétrolière d’ici fin 2026, avec 40.000 barils/jour à terme, malgré les critiques environnementales et sociales.

Tabac : l’Afrique renforce sa place sur le marché mondial

La production africaine de tabac gagne du terrain sur le marché mondial, malgré une baisse générale de la production à l’échelle internationale.

FMI-Sénégal : un accord de 2,2 milliards de dollar

Ledit programme s’étalera sur 36 mois et envisage une enveloppe d’environ 2,2 milliards de dollars, équivalente à 1,537 milliard de droits de tirage spéciaux (DTS).

Nigeria : Ventures Platform mobilise 84 millions de dollars pour les start-up africaines

Ventures Platform boucle un fonds de 84 millions de dollars pour financer les start-up africaines, avec une priorité à la fintech, l’IA, la santé, l’agritech et l’edtech.
pub