Libye : ouverture d’une enquête après l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi
Une enquête judiciaire a été ouverte en Libye après l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, tué le 3 février à Zintan, dans l’ouest du pays. Cette annonce, faite mercredi par le bureau du procureur libyen, intervient alors que la Libye tente depuis plus d’une décennie de sortir d’une crise institutionnelle persistante.
Selon les autorités, Saïf al-Islam a été mortellement blessé par balle à son domicile à Zintan, après que des assaillants ont désactivé les caméras de surveillance et ouvert le feu sur lui dans sa chambre. Des sources locales et son entourage rapportent que quatre hommes armés ont participé à l’attaque, bien que les identités et les motivations des responsables demeurent inconnues.
Une enquête judiciaire en cours et des réactions internationales
Le bureau du procureur a déclaré avoir saisi des éléments de preuve, entendu des témoins et transmis des objets saisis aux experts afin de faire progresser l’enquête. Les autorités poursuivent l’identification des suspects présumés et envisagent des poursuites judiciaires contre ceux impliqués dans l’assassinat.
Lire aussi : Libye : décès annoncé de Seif al-Islam Kadhafi selon des médias locaux
Sur la scène internationale, l’Union africaine a fermement condamné l’assassinat et appelé à traduire en justice les responsables, soulignant que cet acte de violence pourrait saper les efforts visant à établir une transition politique inclusive en Libye. L’UA a également exhorté toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et à résoudre les différends par des moyens pacifiques et légaux.
De son côté, la mission des Nations unies en Libye a appelé à une enquête « rapide et transparente » pour identifier les auteurs et garantir qu’ils rendent des comptes devant la justice, tout en réaffirmant l’importance d’une solution politique durable pour stabiliser le pays.
Un contexte politique toujours fracturé
Saïf al-Islam Kadhafi, figure longtemps associée à la succession de son père, avait survécu à la chute du régime en 2011, été capturé puis libéré en 2017 dans le cadre d’une amnistie. Il était resté un acteur controversé de la vie politique libyenne, notamment en tentant de se présenter à la présidentielle malgré une condamnation antérieure pour crimes de guerre.