Les grandes entreprises africaines effacent les séquelles de la crise

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Malgré les vents contraires, les grandes entreprises africaines restent performantes selon le classement des 500 champions africains de Jeune Afrique. Sur un périmètre de 353 entreprises dont les indicateurs sont à jour, le chiffre d’affaires cumulé culmine à 539 milliards de dollars pour des profits de 80 milliards de dollars. Cela correspond à une rentabilité moyenne de 14,9%, un niveau record.

Touchées de plein fouet par la pandémie du coronavirus, les grandes entreprises africaines ont été suffisamment résilientes pour tirer profit de la reprise de l’activité économique à partir de 2021. Dans le classement des 500 champions africains 2023, Jeune Afrique, l’auteur, note une hausse spectaculaire de leurs principaux indicateurs, avec un revenu cumulé de 539 milliards de dollars et des profits de 80 milliards de dollars (sur un périmètre de 353 entreprises dont les chiffres sont à jour). La rentabilité moyenne de ces entreprises s’affiche à un niveau record de 14,9 %, ce qui représente une progression significative par rapport aux années précédentes.

Lire aussi : Afrique subsaharienne : la pénurie de financement expose davantage les économies

Des performance records dans les matières premières

La performance exceptionnelle de la société sud-africaine Naspers est particulièrement remarquable. Bien que son chiffre d’affaires ne soit que de 7,94 milliards de dollars, le résultat net de la société s’élève à 18,53 milliards de dollars. Cette anomalie s’explique par les résultats de ses participations financières, notamment celle dans le géant chinois de l’internet Tencent. Hors effet Naspers, la rentabilité moyenne de notre échantillon est de 11,6 %, ce qui reste un record malgré tout.

Le secteur des matières premières est un autre facteur clé de cette reprise d’activité post-Covid. Les entreprises opérant dans ce secteur ont vu leurs profits s’envoler plus vite proportionnellement au chiffre d’affaires dès que les prix montaient. Les performances de Sonangol et de Sonatrach en sont des exemples frappants, avec des résultats historiques de 2,1 milliards de dollars et 5,7 milliards de dollars, respectivement.

Porté notamment par la hausse des cours, l’OCP, le géant du phosphate marocain, a également affiché des résultats record. En monnaie locale, son résultat net avait été multiplié par 5 en 2021 à 16,3 milliards de DH (1,6 milliard de dollars). En 2022, il a atteint 28,2 milliards de DH (2,8 milliards de dollars).

Lire aussi : OCP : des résultats records en 2022

Des performances globales à stabiliser

Le secteur extractif n’est pas le seul à avoir bénéficié de cette tendance. Le groupe Sasol, un chimiste sud-africain, a dégagé une marge nette record de 15,1 % sur son exercice 2021/2022, après plusieurs années difficiles. ArcelorMittal SA, un autre groupe industriel sud-africain, est également sorti du rouge et a affiché ses meilleurs résultats depuis 2008, avec une marge nette de 16,6 %.

Cependant, les groupes de télécoms ont connu une période plus difficile pendant cette période post-Covid, avec une marge nette moyenne de moins de 14 %. Bien que Safaricom ait vu son chiffre d’affaires progresser de 12,9 %, son résultat net après impôts a légèrement reculé de 1,7 %. Ce groupe se tourne maintenant vers le marché éthiopien pour continuer sa croissance.

Lire aussi : Maroc Telecom renoue avec la croissance de son chiffre d’affaires

Dans l’ensemble, la reprise d’activité post-Covid en Afrique est une bonne nouvelle pour les grandes entreprises du continent, en particulier celles du secteur des matières premières. Cependant, la situation est loin d’être stable, et il reste à voir comment les bouleversements en cours affecteront ces entreprises à l’avenir.

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