L’économie camerounaise saluée par le FMI, mais 2026 inquiète
Au Cameroun, l’économie camerounaise a été jugée « remarquable » dans sa capacité de résistance par le Fonds monétaire international à l’issue d’une mission d’évaluation rendue publique début avril 2026. L’institution souligne que le pays a conservé une trajectoire de croissance malgré les chocs extérieurs, la pression sur les finances publiques et un environnement régional marqué par les tensions sécuritaires et la volatilité des cours des matières premières.
Cette appréciation positive s’accompagne toutefois d’un avertissement clair pour 2026. Le FMI estime que Yaoundé devra accélérer les réformes budgétaires, améliorer la collecte fiscale et mieux contenir les risques liés à l’endettement, alors que le pays évolue dans un cadre monétaire commun à la CEMAC, où la stabilité des réserves de change reste un enjeu central pour l’ensemble de l’Afrique centrale.
Pourquoi l’économie camerounaise reste solide malgré des fragilités persistantes
Le Cameroun demeure l’une des principales économies de la CEMAC, grâce à un tissu productif relativement diversifié. Les hydrocarbures, l’agriculture, le bois, les services et les grands chantiers publics soutiennent encore l’activité, ce qui a permis au pays d’amortir plusieurs chocs récents, notamment la hausse du coût des importations, les perturbations logistiques mondiales et les effets des crises sécuritaires dans certaines régions. Cette diversification, plus avancée que chez plusieurs voisins d’Afrique centrale, explique en partie l’appréciation favorable du FMI.
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Mais cette résilience ne suffit pas à dissiper les vulnérabilités. Le Fonds insiste sur la nécessité de maîtriser les déficits, de renforcer la transparence dans la gestion publique et d’élargir l’assiette fiscale dans un pays où les besoins sociaux restent élevés. À l’approche de 2026, les autorités sont aussi attendues sur la réduction des subventions coûteuses, la poursuite des investissements prioritaires et l’amélioration du climat des affaires afin de soutenir l’emploi et l’investissement privé. Dans l’espace CEMAC, ces ajustements sont suivis de près, car la situation budgétaire du Cameroun pèse sur l’équilibre économique régional.
Au-delà du cadre national, les enjeux du Cameroun s’inscrivent dans une dynamique continentale plus large. Plusieurs pays africains cherchent à préserver la croissance tout en répondant aux exigences de consolidation budgétaire défendues par les bailleurs internationaux, dont la Banque africaine de développement et le FMI. Pour l’économie camerounaise, le défi consistera donc à maintenir la croissance sans accentuer les déséquilibres financiers, dans un contexte où la demande sociale, les besoins en infrastructures et les contraintes sécuritaires continuent de peser sur l’action publique. Le message adressé à Yaoundé est ainsi double : les fondamentaux ont mieux tenu que prévu, mais la marge d’erreur se réduit à mesure que 2026 approche.