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Le Burkina Faso endeuillé par de nouveaux décès, malgré la «mobilisation générale»

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Soldats, supplétifs, civils : 40 personnes ont péri dans les attaques terroristes survenues ce week-end au Burkina Faso. Un «détachement militaire et de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP, supplétifs civils de l’armée) a été la cible d’une attaque par des hommes armés non identifiés», vers 16 heures, près d’Aorema, à une quinzaine de kilomètres de Ouahigouya, informe un communiqué du gouvernorat de la région du Nord, publié dimanche.

«Le bilan provisoire de cette attaque» s’élève à 40 morts, «parmi lesquels 6 militaires et 34 VDP» et auxquels s’ajoutent «33 blessés dans un état stable […] pris en charge actuellement au centre hospitalier universitaire régional de Ouahigouya», chef-lieu de la région du Nord.

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L’armée burkinabè affirme qu’«au moins 50 terroristes» ont été «neutralisés» dans une «riposte» notamment aérienne. Dimanche, «tôt dans la matinée», «une autre attaque a visé le détachement militaire de Kongoussi (province du Bam, région du Centre-Nord)», indique la même source, qui fait état de «deux militaires» tués et d’une «vingtaine de terroristes neutralisés».

Cette attaque survient deux jours après la proclamation, de la mobilisation générale et de la mise en garde dans tout le pays. «Avec cette attaque, les hommes armés envoient un message, explique un analyste sécuritaire. Ils manifestent leur présence comme un pied de nez aux autorités», conclut le gouverneur de la région.

La «mobilisation générale» pour le salut de la Nation

Les autorités de transition au Burkina Faso ont décrété, jeudi 13 avril 2023, la «mobilisation générale» afin de «donner à l’État tous les moyens nécessaires» pour faire face aux attaques terroristes qui endeuillent le pays.

Une mobilisation générale qui permet à l’exécutif de prendre des mesures d’exception sur l’ensemble du territoire burkinabè. Le décret donne notamment au chef de l’État le droit de requérir les personnes, les biens et les services ou encore la dissolution d’associations au nom de la lutte contre l’insécurité. Il peut aussi restreindre les libertés de circulation, de réunion, d’expression ou encore contrôler et répartir les ressources en énergie, matières premières, et produits industriels ou nécessaires aux ravitaillements.

«Il s’agit surtout à travers ce décret de donner un cadre juridique, légal à l’ensemble des actions à mettre en œuvre pour faire face à la situation que vit le Burkina Faso», indique un communiqué de la présidence. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel-major Kassoum Coulibaly, estime que «face à la situation sécuritaire à laquelle fait face le pays, le salut de la Nation repose sur un sursaut national des filles et fils en vue de trouver une solution».

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En février, le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, avait fait part de sa «détermination intacte» à combattre le terrorisme. Courant décembre, il avait saisi le Conseil constitutionnel pour la prise de ce décret et avait obtenu un avis favorable. Dans la lettre de saisine consultée par l’AFP, le capitaine Traoré invoque de «graves menaces sur les institutions du Faso, l’indépendance de la Nation, l’intégrité du territoire national».

Le ministère burkinabè de la Défense a déjà lancé une opération baptisée “Greniers vides”, appelant tous les militaires du pays, actifs ou retraités, à donner leurs uniformes pour les soldats actuellement sur le terrain.

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale terroriste apparue au Mali et au Niger quelques années auparavant, qui se sont étendues au-delà de leurs frontières. Les attaques visant militaires et civils se sont multipliées ces derniers mois, essentiellement dans le nord et l’est du pays, frontaliers des deux pays. Les violences ont fait en tout plus de 10.000 morts – civils et militaires – selon des ONG, et quelque deux millions de déplacés.