Cameroun : l’Unité nationale célébrée sous pression

Temps de lecture :
cameroun yaoundeLe président camerounais Paul Biya (au centre) célèbre son investiture à l'Assemblée nationale à Yaoundé, le 6 novembre 2025 © AFP
A A A A A

Au Cameroun, la fête de l’Unité nationale a été célébrée ce 20 mai dans un climat de tension et d’attente, notamment dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. A Yaoundé, les cérémonies officielles ont eu lieu comme chaque année, mais à Bamenda et dans plusieurs localités voisines, les appels des groupes séparatistes à boycotter les rassemblements ont ravivé l’inquiétude.

Cette journée commémore l’abolition du système fédéral en 1972 au profit d’un Etat unitaire. Mais en 2026, son symbolisme se heurte à une réalité politique et sécuritaire marquée par la persistance de la crise anglophone, l’usure d’une population confrontée à l’insécurité et l’impatience croissante face aux promesses de sortie de crise faites par le pouvoir de Paul Biya.

Une Unité nationale mise à l’épreuve par la crise anglophone

Depuis 2016, le conflit dans les régions anglophones a profondément fragilisé la portée de cette célébration. Les revendications corporatistes initiales d’enseignants et d’avocats avaient évolué vers une contestation politique plus large, puis vers une confrontation armée entre forces de sécurité et groupes séparatistes. Dans ce contexte, les journées de commémoration sont régulièrement perturbées par des opérations dites de « ville morte », des restrictions de circulation et des menaces visant les habitants tentés de participer aux festivités officielles.

A Bamenda, épicentre de la contestation dans le Nord-Ouest, la fête s’est déroulée sous surveillance accrue, signe d’une normalisation encore lointaine. Le contraste est d’autant plus fort que la célébration du 20 mai est censée incarner la cohésion de l’Etat camerounais. Or, dans une partie du pays, elle reste perçue comme le rappel d’un pacte national contesté, sur fond de méfiance envers les institutions et de fatigue d’une population prise entre les injonctions des autorités et celles des groupes armés.

Recommandé pour vous

Climat : plus de 13 millions d’Africains touchés en 2025

L’Afrique a subi en 2025 plus de 3.000 décès liés aux événements climatiques extrêmes. L’OMM alerte sur l’accélération du réchauffement et la vulnérabilité du continent.

Niger : tirs prolongés près de l’aéroport de Niamey, suspicion d’attaque terroriste

Des tirs ont visé jeudi matin les abords de l’aéroport de Niamey, suggérant une possible attaque terroriste dans un contexte sécuritaire très tendu au Niger.

RDC : l’épidémie d’Ebola pourrait encore durer un an

En RDC, l’épidémie d’Ebola pourrait durer encore un an et son pic reste à venir. Découvrez les raisons de cette alerte sanitaire.

Le Lenacapavir déjà sous tension face à la demande en Afrique

Le Lenacapavir manque déjà dans certaines zones d’Afrique. Découvrez pourquoi la demande dépasse l’offre et quels publics restent en marge.

Tunisie : les prix des oeufs poursuivent leur baisse

En Tunisie, les prix des œufs chutent depuis Ramadan. Une crise qui fragilise les producteurs et relance le débat sur la régulation.

Un plan conjoint face à l’épidémie d’Ebola en Afrique

Un plan conjoint de 518 millions de dollars a été lancé pour lutter contre Ebola en Afrique via la prévention, la détection et la riposte rapide.
pub