L’AES crée une armée de 5.000 soldats pour lutter contre le terrorisme

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L'Aes crée une armée de 5.000 soldats pour lutter contre le terrorismeLes présidents de transition nigérienne, le général nigérien Abdourahamane Tiani, malienne, le général Assimi Goita, et burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré © DR
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Le Niger, le Burkina Faso et le Mali, trois pays sahéliens dirigés par des régimes militaires, ont décidé de renforcer leur coopération face au terrorisme. Ils viennent de créer une armée commune dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), une confédération fondée en 2023 après les coups d’État dans ces trois nations.

Cette annonce a été faite par le général Salifou Mody, ministre de la Défense du Niger à la télévision nationale. Il a précisé que cette force unifiée comptera 5.000 hommes et sera opérationnelle dans les prochaines semaines. «Nos forces pourront désormais intervenir ensemble dans un même espace», a-t-il déclaré. Cette armée disposera également de moyens aériens, terrestres et de renseignement, ainsi qu’un système de coordination efficace.

Lire aussi : AES – Cedeao : la rupture actée

Ces trois pays membres de la Confédération de l’Aes, partagent un territoire de 2,8 millions de kilomètres carrés, soit quatre fois la taille de la France. Depuis plus de dix ans, ils sont confrontés à des attaques répétées de groupes armés liés à Al-Qaida et au Daech. «Face à ces menaces communes, il était essentiel de mutualiser nos efforts pour mieux protéger nos populations», a expliqué le général Mody.

Par ailleurs, l’AES a décidé de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce départ sera officiel le 29 janvier 2025, conformément aux textes de l’organisation. Ces pays critiquent la CEDEAO, qu’ils jugent inefficace contre le djihadisme et trop influencée par la France, l’ancienne puissance coloniale. Désormais, ils se tournent vers de nouveaux partenaires, comme la Russie, pour renforcer leurs capacités.

En attendant que les choses se concrétisent, des opérations conjointes sont déjà menées dans la zone des trois frontières, où les attaques sont les plus fréquentes. Cette nouvelle alliance marque un tournant stratégique dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et vise à restaurer la sécurité dans cette région instable.

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