La faute éthiopienne

Temps de lecture :
Abiy Ahmed et Muse Bihi AbdiAbiy Ahmed, à gauche, et Muse Bihi Abdi lors de la signature du protocole d'accord, à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 1ᵉʳ janvier 2024 © Reuters
A A A A A

La réaction ou plutôt, la non-réaction de l’Union africaine (UA) et des capitales africaines à la décision de l’Éthiopie de conclure un accord d’accès à la mer avec le Somaliland est pour le moins consternante. Zéro réaction non plus du côté de la Ligue Arabe, dont il faut rappeler que la Somalie est membre effectif.

En jouant au pyromane dans la sous-région, Addis-Abeba, qui abrite le QG de l’ex-OUA, vient, par cette reconnaissance de facto de l’indépendance de cette région séparatiste de la Somalie, de déchirer la Charte de l’Union africaine et jeter à la mer ses principes fondateurs. Son initiative, pour ne pas dire, sa provocation, ne peut qu’exacerber les tensions dans une région tendue depuis le début des années quatre-vingt-dix après la chute de l’ex-raïs somalien Siyaad Barre et la sécession de l’Érythrée, ancienne province éthiopienne. Le pouvoir éthiopien ne le sait que trop bien, l’Éthiopie ayant été elle-même victime des forces du séparatisme en perdant l’Érythrée.

Comme souvent, l’Union africaine et la ribambelle d’organisations sous-régionales qui ne servent à rien, se distinguent par leur passivité. L’UA s’est contentée d’appeler au calme dans un communiqué qui ressemble à un texte de Chat GPT. Plutôt que de prévenir, ces organisations attendent qu’une guerre éclate entre la Somalie et l’Éthiopie pour se réveiller.

Aucune raison, aussi impérieuse soit-elle, ne peut justifier le parrainage des indépendantistes, même pas la vieille soif de revanche des élites éthiopiennes envers la Somalie entretenue par le souvenir douloureux de la guerre de l’Ogaden. «Ne faites pas à autrui ce que ne voulez que l’on vous fasse». Addis-Abeba devrait méditer cette maxime.

Recommandé pour vous

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

RDC : Luanda avance la date d’un cessez-le-feu avec le M23

Afrique - Luanda propose un arrêt des combats en RDC à partir du 18 février. Une initiative diplomatique qui attend l’aval de Kinshasa et du M23, alors que subsistent des incertitudes sur son articulation avec l’accord de Doha et le mécanisme de vérification régional.

RDC : l’ONU appelle à une riposte urgente face à la flambée du choléra

Les Nations unies ont lancé, mercredi, un appel pressant pour renforcer immédiatement la riposte contre l’épidémie de choléra en République démocratique du Congo (RDC), alors que la propagation de la maladie suscite de vives inquiétudes.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Hydrocarbures : l’Égypte mise sur une relance massive de sa production

Afrique - L’Égypte accélère la modernisation de son secteur énergétique avec de nouveaux contrats, des technologies de pointe et un plan ambitieux pour relancer ses champs pétroliers, réduire ses dettes et consolider son rôle stratégique sur le marché régional.

UMOA-Titres : les États de l’UEMOA doublent leurs levées de fonds en janvier

Le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu un démarrage d’année exceptionnel en janvier 2026.
pub