Incertitudes à Tunis

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Les élections législatives qui viennent de se dérouler en Tunisie ajoutent encore plus d’incertitudes sur ce pays que même les analystes les plus pessimistes n’auraient imaginé. Avec seulement 8,8% de participation, soit moins d’un électeur sur dix, les Tunisiens ont clairement exprimé leur désapprobation de la direction dans laquelle les conduit Kaïs Saïed.

À ce niveau d’abstention, ces législatives n’ont aucune légitimité. Il s’agit surtout d’un désaveu cinglant de la stratégie de la table rase choisie par ce président qui prétendait «agir au nom du peuple et des intérêts supérieurs de la Nation» lorsqu’il décida de neutraliser les institutions issues de la Révolution de 2011. Or, c’est ce même peuple qui vient de lui signifier qu’il a fait fausse route. Il faut juste espérer que Kaïs Saïed reconnaisse qu’il file le mauvais coton. Vu l’arrogance du personnage et le mépris qu’il exprime à l’égard de forces politiques et de tous ceux qui ne pensent pas comme lui, rien n’est moins sûr. Et c’est cela, le plus grand danger car le statu quo ne peut que mener à la déstabilisation de ce pays.

Finalement, le seul « acquis » du scrutin du samedi 17 décembre aura été la transparence dont a fait preuve l’Instance supérieure indépendante pour les élections et la non-ingérence du pouvoir dans le processus. C’est très rare pour être souligné. Car dans la majorité des États africains, aucun régime en place n’aurait affiché un tel niveau d’abstention. Les «ingénieurs» électoraux du pouvoir auraient tout fait pour fabriquer des taux de participation frôlant les 90%. Maigre consolation.

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