Fraude fiscale : être du bon côté

Temps de lecture :
siège OCDEOCDE © DR
A A A A A

Pour en être une victime elle-même, l’Afrique ne doit pas rester à la marge du combat engagé par la communauté internationale contre la fraude et l’évasion fiscales. Cette guerre (oui, c’est bien le terme adéquat), par certains aspects, ressemble à celle menée contre les trafics de drogues. Elle avait été lancée par l’OCDE et le G20 en 2008 au lendemain de la crise financière qui avait fait vaciller les fondations du système bancaire international.

Après des longs mois de discussions serrées, une quarantaine d’États sont parvenus à un consensus autour d’un traité leur conférant un instrument juridique dans la lutte contre ce fléau ainsi que la concurrence déloyale par l’impôt. La Convention d’échange automatique des données bancaires à des fins fiscales de l’OCDE fait office de certificat de respectabilité internationale. Au dernier pointage (ndlr : au 22 novembre 2022), 119 pays ont paraphé ou ratifié ce traité. Mais très peu d’États africains figurent dans cette liste, seulement neuf à ce jour : le Ghana, le Kenya, le Libéria, Maurice, le Maroc, les Seychelles, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Ouganda.

Ce peu d’empressement de nos États à signer ce traité est un mauvais signal. L’Afrique ne doit pas, et ne peut pas être une planque pour les opérateurs qui veulent échapper au fisc, ni le maillon faible dans le combat contre l’évasion mondiale de l’assiette de l’impôt. Les États qui n’auront pas ratifié la convention OCDE d’ici 2025 se retrouveraient sur la liste noire des paradis fiscaux. Cela entraînera de facto la fermeture d’accès aux financements de l’Union européenne et des restrictions au marché financier international. À chacun de faire son choix.

Recommandé pour vous

Country risk atlas 2026 : l’Afrique entre résilience conjoncturelle et fragilités structurelles

Economie - Selon Allianz Trade, l’Afrique progresse à court terme mais reste exposée à de fortes fragilités structurelles.

Djibouti renforce ses infrastructures et son adaptation climatique grâce à un appui financier majeur de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement de Djibouti ont récemment signé quatre accords de financement d’un montant global de 80 millions de dollars, destinés à soutenir des projets structurants dans les domaines des infrastructures routières, du développement urbain et de l’agriculture résiliente au climat.

Côte d’Ivoire : la découverte du gisement Calao South renforce les ambitions pétrolières du pays

Economie - Une découverte en Côte d'Ivoire, réalisée par ENI et PETROCI, révèle un gisement estimé à 1,4 milliard de barils équivalent pétrole.

Hydrogène vert en Afrique : un réservoir d’emplois encore en construction

Présenté comme l’un des piliers de la transition énergétique mondiale, l’hydrogène vert suscite un intérêt croissant en Afrique.

Chine : suppression des droits de douane pour 53 pays africains à partir du 1er mai 2026

Economie - Pékin supprimera, à compter du 1er mai 2026, les droits de douane applicables aux importations en provenance de 53 pays africains entretenant des relations bilatérales avec la Chine.

Santé en Afrique : le Maroc plaide pour un financement durable et souverain à Addis-Abeba

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale a pris part, le 13 février 2026 à Addis-Abeba, aux travaux du dialogue de haut niveau sur les finances et la santé, organisé en marge de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire